Sirop de griotte

Bienvenue chers membres honorifiques et néanmoins honorables de mon fan club mondial. Vous pouvez y siroter sans modération le nectar (plus ultra) comico-littéraire de la griotte. "Je ne suis pas difficile, je me contente du meilleur" disait Oscar Wilde

21 janvier 2007

Grande petite Kéla

Grande petite Kéla
Tu es partie ce matin-là
Tu as fermé les yeux pour la dernière fois
Pour ne plus jamais regarder derrière toi
Cette enfance à laquelle tu n'as pas eu droit
Et cet enfant qui est aussi un peu de toi.
Ton chemin, hérissé de tant de croix,
Tu l'as suivi, digne et droite, il t'a conduit là.
Là où tout a commencé pour toi
Là où tu as fait tes premiers pas
Là où pour la première fois
Tu as murmuré le mot Papa.

Grande petite Kéla
C'est à toi que je pense en écrivant ça
A toi que je connaissais mal, peut-être pas
A toi que je vois dans le coeur en éclats
De ceux qui t'aimaient et sont restés là
Et qui voudraient encore se serrer contre toi.
A tes soeurs, à ton frère qui souffrent ici-bas
A ta mère qui hurle mais que l'on n'entend pas
A ton fils qui cherche le creux de tes bras
A tous ceux qui se demandent pourquoi,
Qui se demandent comment, un papa
A pu un jour te salir comme ça.

Grande petite Kéla
Dans le sable j'ai regardé tes pas
Qui dans le vent sont partis vers là-bas
Vers cet ailleurs qu'on ne nomme pas.
Ton corps si fragile est venu jusque-là
Au bord de cette mer qui emporte à la fois
Tes rêves et tes larmes jusqu'au Nigéria
Lavant ton corps en faisant miroiter ton âme de joie
Tu es venue confier cet enfant jusqu'au bout de toi
Puisque ton coeur plus loin ne pouvait pas
Vers ceux qui sauront lui donner une famille et un toit
Et l'accompagner en lui parlant de toi.

Grande petite Kéla
Je t'écris où que tu sois
Ce poème que tu connais sûrement déjà
Puisque je crois que tu guides mes doigts
Comme une encre qui ne sécherait pas
Pour que tu puisses dans l'au-delà
Avec ceux qui y sont déjà
Souffler les braises de cet espoir-là
Quand nos âmes auront trop froid.
Et quand la-haut tu le rencontreras
Montre-lui comment tu es devenue toi,
Malgré lui, malgré tout, dans cette vie-là.

Grande petite Kéla
Nous on va rester là
Dans ce monde où tu n'es pas
Avec ton petit d'homme signe de toi
Comme un cadeau qu'on n'attendait pas
Comme un soleil qui réchauffe nos choix
Sur cette plage qui brille dans le froid
Avec son rire qui couvre nos voix
Et qui nous rappelle à chaque fois
Ce que lui il sait déjà
Qu'on a gardé le meilleur de toi,
Et qu'une Kéla ça s'oublie pas.


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15 juillet 2006

A Raphaël, 12 ans après

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J'aime pas la mer ...

J'aime pas la mer quand tu piétines mes châteaux de sable en Espagne
J'aime pas ta mère quand elle écoute ton cœur de bien trop loin

J'aime pas la mer quand elle reflète le vide à mes côtés
J'aime pas ta mère quand elle te fait trop de place

J'aime pas la mer quand tu peux plus la voir
J'aime pas ta mère quand c'est toi qu'elle voit derrière moi

J'aime pas la mer quand tu n'y es pas
J'aime pas ta mère quand elle te parle dans du marbre

J'aime pas la mer quand elle t'emporte loin de ses bras
J'aime pas ta mère quand elle pleure derrière ses lunettes

J'aime pas ta mère quand j'oublie que c'est aussi la mienne,

J't'aime tant Maman.

A Raphaël, parce que ça fait 12 ans que tu me manques, petit con !

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27 avril 2006

Chanson : T’y étais pas

J’ai fumé tous les cigares de Cuba - scandale total
J’ai grimpé sur tous les plus hauts sommets - une vraie mygale
J’ai fait pousser des cocotiers penchés – près des cathédrales
J’ai séduit le président, deux rois, le pape – en intégral
J’ai interrogé Kant, Descartes et même Pascal – fondamental
J’ai marché dans toutes les manifs – procès verbal

Mais t’y étais pas, mais t’y étais pas
Mais t’étais où pour qu’j’ai si mal

J’ai questionné toutes les grandes stars – à l’horizontal
J’ai traversé les déserts de glace – pas tropical
J’ai caressé les tigres v’nus du Bengale – à rebrousse-poil
J’ai élevé 3 milliards de fourmis – et des cigales
J’ai plongé plus bas qu’les sous-marins – vice-amiral
J’ai ranimé tous les volcans – phénoménal

Mais t’y étais pas, mais t’y étais pas
Mais t’étais où pour qu’j’ai si mal

J’ai compté toutes les planètes – et les étoiles
J’ai été à pied jusqu’aux montagnes – du Portugal
J’ai r’copié 3000 pages à l’envers – du Stendhal
J’ai vendu d’la neige aux esquimaux – du Sénégal
J’ai élevé des lions et des lamas – dans le Cantal
J’ai r’taillé la tour de Pise – à la verticale

Mais t’y étais pas, mais t’y étais pas
Mais t’étais où pour qu’j’ai si mal

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03 avril 2006

Jeux de mots

Maux de mots

images_4Mots dominos à demi-mort qu'on marmonne à demi-mot.
Gros mots de marmots de Meaux, maudissant ecce homo fortissimo.
Mots de mormon à la morale morfondue de morgue mortaisant une mortadelle mordicante et des morilles émotives.
Mots maussades démodant de mauves bergamotes.
Mots moquant une monumentale morue morbidement morose.
Mots de morphinomane morne et immobile, morigénant un morpion homophobe mortellement moraliste.
Mots anormaux d'animaux, amonites homogènes et jumeaux à Balmoral.
Mots homonymes de morutier morveusement homo mortifiant un morceau de Mozart comme une morsure mortelle à l'émotion.
Mots de mauresques à maurelle métamorphosant une moche maubêche maussade en limoneuse anémone harmonieuse.
Mots de simonie démoniaque sermonnés au mauvais moment par une cosmonaute amoniaquée à un commodore motivé mais commotionné par un sumo en kimono saumoné.
Mots de monarchistes narcissiques admonestant un timonier amorphe.
Mots qui se font maux psalmodiant à un hémophile amoureux d'une mauviette à fimosis.
Mots qui se font beaux pour le chameau spasmophile du ramoneur Némo du hameau de Mortemart.
Mots amortis d'un croquemort mauricien se remémorant le monologue d'une momie monégasque devant le mausolée d'un promoteur du monopole d'automobiles monospaces à remorques hippomobiles.
Mots du mollah monogame mollasson à son homologue islamologue accomodant un samovar de cérémonie avec une mosquée moderne, mosaïquée et mordorée.
Mots d'un esquimau gemmologue en mocassins mimosa mobilisant les moëllons d'un mogol momentanément ramolli par une pneumonie.
Mots minimaux d'un Mohican modelant au chalumeau un Modigliani comme un grumeau molletonné de guimauve.
Mots de mômes comoriens immolant sans trémolo un cormoran et une marmotte dans un motel démoli de Limoges.
Mots d'un ophtalmo morvandiau en smoking monnayant le monopole d'une filmothèque de la Camorra.
Mots d'un moniteur de ski moribond raccommodant la moleskine d'un vélomoteur modulable à dynamo.
Mots d'aumône au cosmos d'un humoriste moricaud timoré escamotant prestissimo un harmonica et un harmonium dans un locomotive à Crémone.
Mots leitmotiv d'un pneumologue moscovite cérémonieux mais morfale, morflant une morteau au guacamole et une thermos de moka au formol.

La Griotte

3 juillet 2003

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Sens unique

imagesQuestion de bon sens
J'ai juste remarqué le contre-sens
Le sens du ridicule ?

J'avais pas prévu le sens unique
Plaisir des sens ?
J'ai cru qu'l'amour pour toi avait un sens
Mon 6e sens n'a rien vu venir
Sens interdits ?
Pourtant tu sais ton p'tit il est là dedans et il t'attend

J'ai pas compris les feux de détresse dans un sens
J'ai cru qu'mon môme serait aussi le tien en un sens
Ca tombait sous le sens
Pourtant tu sais ton p'tit il est là dans mes bras

Question d'bon sens j'aurais dû me douter
Que jamais pour moi tu la quitterais insensée !
Sens scrupules ?
Pourtant tu sais ton p'tit il va tout seul à l'école

J'ai entendu les sifflets, j'ai pas compris leur sens
Pourtant tu sais ton p"tit il a eu son permis
Pourtant tu sais ton p'tit il a toujours pas compris
Pourquoi tu voulais pas d'lui

La Griotte, avril 2006

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28 mars 2006

C'était 15 ans

C'était 15 ans, c'était l'printemps
Effrontément, aveuglément,
Le jour souriant, la nuit rêvant,
Au Prince charmant, tourbillonnant.

C'était avant, c'était vraiment,
En y croyant, ça s'rait longtemps,
En s'le disant, ça s'rait surement,
C'était serments, devenus seulement,
Rapiècements, engourdissement

C'était 20 ans, l'avenir devant,
Toujours mouvement, envie souvent,
D'en avoir tant, de croquer d'dans,
D'aller d'l'avant, d'devnir plus grands.

C'était avant, c'était vraiment,
En y croyant, ça s'rait longtemps,
En s'le disant, ça s'rait surement,
C'était serments, devenus seulement,
Rapiècements, engourdissement

C'était placement, à contre-temps,
Enfants fièrement, cravate, Montblanc,
Ruissèlement, miroitements,
En excédent, clinquants, flambant.

C'était avant, c'était vraiment,
En y croyant, ça s'rait longtemps,
En s'le disant, ça s'rait surement,
C'était serments, devenus seulement,
Rapiècements, engourdissement

C'était 30 ans, en faux-semblant,
Projets rarement, ennui lentement,
Désir semblant, tranquilisants,
Vernis filant, et dissolvant.

Ce s'ra 100 ans, en vrais amants,
Ce s'ra 100 ans, l'amour longtemps,
Ce s'ra 100 ans, au Nouvel An,
Ce s'ra 100 ans, mais pas avant.

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C’était pas la même histoire

Tu disais espoir, j’pensais mouchoir ;
Tu disais Mozart, j’pensais tintamarre ;
Tu disais Malabar, j’pensais mini-bar ;
Tu disais Ronsard, j’pensais ringard ;

C’était pas la même histoire
Celle qu’on s’racontait dans le noir
C’était pas la même histoire
On s’la racontait sans y croire

Tu disais moutards, j’pensais placard ;
Tu disais Gibraltar, j’pensais Vaugirard ;
Tu disais provisoire, j’pensais corbillard ;
Tu disais rêve d’Icare, j’pensais cauchemar ;

C’était pas la même histoire
Celle qu’on s’racontait dans le noir
C’était pas la même histoire
On s’la racontait sans y croire

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Comme ...

Comme une aventure, sans but et sans navire,
Comme un concerto, sans violons, sans soupirs,
Comme un scénario, sans travelling, sans héros,
Comme une fable, sans morale, sans corbeau,
Comme un conte de fées, sans princesse, sans poison,
Comme une année, sans janvier, sans saison,
Comme une vie sans toi.

Comme une question, sans point, sans doute,
Comme un voyage, sans distance, sans route,
Comme une promesse, sans serment, sans désir,
Comme un voeu, sans espoir, sans avenir,
Comme la guerre, sans ennemis, sans les bombes,
Comme la paix, sans alliés, sans colombe,
Comme un an sans toi.

Comme une aquarelle, sans pinceaux, sans couleurs,
Comme une recette, sans ingrédients, sans saveurs,
Comme un piano, sans les noires, sans les clés,
Comme une plume, sans oiseau, sans encrier,
Comme une cathédrale, sans un porche, sans vitraux,
Comme un livre, sans chapitre, sans les mots,
Comme une saison sans toi.

Comme une maison, sans fenêtres et sans toit,
Comme une fête, sans lampions, et sans joie,
Comme un jardin, sans arbres, sans fleurs,
Comme une chandelle, sans mèche et sans cire,
Comme une cheminée, sans bûche et sans chenets,
Comme un cadeau, sans ruban et sans papier,
Comme un mois sans toi.

Comme une rose, sans épine, sans émotion,
Comme un volcan, sans étincelles, sans éruption
Comme un désert, sans dunes et sans mirages,
Comme une route, sans côtes et sans virages,
Comme une vague, sans creux et sans écume,
Comme une montagne, sans cime et sans abîme,
Comme un jour sans toi.

Comme un château, sans tours et sans créneaux,
Comme une école, sans récré, sans tableau,
Comme un discours, sans public, sans micro,
Comme un théâtre, sans ouvreuse, sans rideau,
Comme une église, sans dimanche, sans autel,
Comme un avion, sans pilote et sans ailes,
Comme un matin sans toi.

Comme un dictateur, sans casque et sans fidèles,
Comme un curé, sans soutane, sans missel,
Comme un tueur, sans victime, sans témoin,
Comme un chasseur, sans fusil et sans chien,
Comme un écrivain, sans ratures, sans page blanche,
Comme un avocat, sans client et sans manche,
Comme une heure sans toi.

Comme Einstein, sans atome, sans MC2,
Comme Picasso, sans Dora Mar, et sans bleu,
Comme Clovis, sans Soissons, sans baptême,
Comme Mozart, sans concerto, sans requiem,
Comme De Gaulle, sans képi, sans BBC,
Comme Bardot, sans Saint-Trop' et sans vichy,
Comme une minute sans toi.

Comme les Beatles, sans sous-marin, sans yesterday,
Comme Platon, sans philo et sans banquet,
Comme Thérèsa, sans sourire, sans Calcutta,
Comme Noureev, sans Lac des Cygnes, sans entrechats,
Comme Maigret, sans coupable et sans crime,
Comme Verlaine, sans Rimbaud et sans rimes,
Sans toi.


Posté par lagriotteausirop à 18:52 - Chansons made by la Griotte - Commentaires [0] - Permalien [#]

Elle rêve

Elle rêve d’une histoire à 3 sous
Où les lieues vont par 20.000
Les nains plus nombreux que les mercenaires
Où les dalmatiens ne font plus qu’un
Où les transats se mettent en double
Les premiers pas se font sur la lune
Les nuits se comptent par mille et une
Elle rêve

Dis-lui qu’c’est pas la vie
Dis-lui qu’c’est pas vraiment

Elle rêve d’une histoire en couleurs
Où les caps sont toujours verts
Où le désir n’est jamais noir
La souris verte a plu aux messieurs
Où l’orange amère passe au rouge
Le mariage blanc a le maillot jaune
Où Barbe-Bleue se perd en forêt noire
Elle rêve

Dis-lui qu’c’est pas ici
Dis-lui qu’c’est pas sûrement

Elle rêve d’une histoire étrange
Où les îles sont mystérieuses
Où les fantômes restent à l’opéra
Où les marmites sont magiques
Où les sida sont des noms de fleurs
Les princes toujours charmants
Où revient celui qu’elle attend
Elle rêve

Dis-lui qu’c’est ça la vie
Dis-lui qu’ce s’ra vraiment

Posté par lagriotteausirop à 18:51 - Chansons made by la Griotte - Commentaires [0] - Permalien [#]

En rouge et noir

J’avais la vie en rouge et noir,
j’ai cru la vie en rage et soirs,
j’ai cru qu’y avait enrage et croire,
j’étais pourtant en âge de voir,
j’étais qu’en rage de moi,
en sages émois,
en case de bois,
en cage de soie,
sans trace d’émoi,
sans trace de toi,
en passe de toi,
en face de toi,
en phase de toi,
en fade de moi,
en vague de toi,
j’divague de moi,
j’dis dingue de toi.


Posté par lagriotteausirop à 18:51 - Chansons made by la Griotte - Commentaires [0] - Permalien [#]
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