Sirop de griotte

Bienvenue chers membres honorifiques et néanmoins honorables de mon fan club mondial. Vous pouvez y siroter sans modération le nectar (plus ultra) comico-littéraire de la griotte. "Je ne suis pas difficile, je me contente du meilleur" disait Oscar Wilde

18 avril 2006

Si j'osais ... vivre sainement

«Lorsqu’on n’a pas eu la chance d’avoir des parents alcooliques, il faut s’intoxiquer toute sa vie pour composer avec la lourde hérédité de leurs vertus.» (E.M. Cioran)

J’étais décidée ! On allait désormais manger sain, bio, bon, frais, cultivé par des vrais gens en chair et en os, bien traités, avec des congés payés et des RTT, et tout et tout. Il faut préciser qu’on nous l’avait assez répété « on est foutus, mon mange trop ! ». Moi c’est bien simple je me suis fait une petite collec avec le toukeskivamal dans le toukeskonvipasain. Attention hein, j’ai pas dit saint, j’ai dit sain, comme dans « mens sana in corpore sano » (en latin tchatché dans la banlieue de Rome en 53 avant notre ère !). Pour l’âme j’ai décidé d’attendre un peu dans mes résolutions.

In the kitchen, first
J’ai donc commencé par la cuisine où j’ai découvert des monstruosités qui font frémir les gens sains : je mangeais du fromage non pasteurisé (gare à la listériose), je ne respectais pas toujours la chaîne du froid (intoxications), je ne lavais pas consciencieusement les fruits avant de la manger (intoxications bis), je mangeais du maïs sans me préoccuper s’il était génétiquement modifié ou produit dans un abri anti-bactérien et nucléaire (troubles du comportement ?, clanisme ?), je venais de découvrir que la betterave n’était pas rouge dans les champs en vrai (et, c’est tout juste si je ne croyais pas qu’elles poussaient en petits carrés à côté d’un brin de persil et d’un œuf dur coupé en six, c’est dire !), que le crône n’était pas une maladie inventée par un Allemand à double-foyer, que les avocats sont des fruits mais qu’on peut quand même pas les servir au dessert, que les olives vertes sont tout simplement des olives noires qui n’ont pas assez mûri, que rutabaga et topinambour ne sont pas des noms de code inventés pendant la guerre pour désigner frappes aériennes et débarquement etc.

Dans mon inconscience de citadine affolée et non responsable (coupable ?), je persistais à braver tous les dangers : je buvais du coca à tous les repas, je faisais des sauces avec de la crème fraîche même pas à zéro pour cent de matières grasses, je ne choisissais pas des yaourts bio, de la ferme, à O% et au bifidus parce qu’ils étaient trop lourds à porter, je ne variais pas mes huiles, ni mes eaux minérales, je salais mes nouilles, j’achetais des tomates en boîtes de conserves, de la salade en sachet, je me faisais livrer des pizzas, je cuisinais au micro-ondes …
La panique m’a envahi ! Premier objectif : bannir le coca ! Pas de boissons sucrées (Coca), pas de boissons gazeuzes (le Coca), pas de caféine (le Caca, vous dis-je !), pas d’américanisme primaire (le Coca, encore le Coca, rien que le Coca !). Bref, à chaque fois que j’avale une gorgée de Coca, je sens les cornes du Malin me pousser sur la tête, et comme, je dois l’avouer, je l’aime rouge, avec des bulles, de la caféine et tout et tout …. Glurp et triple-glurp, je n’ose même pas imaginer le poids de mon fardeau de péchés. Je précise tout de même à ceux que je vois ricaner dans le fond de la classe, que c’est pareil avec le Pepsi, le Virgin et autres colas islamiques (mais si, ça existe !) ou anglo-normands !
Donc, j’arrête la clop (je vous fais pas le dessin des poumons encrassés et de la glotte crasseuse !), le shit parce que ça détruit les neurones, j’arrête le thé (« la théine c’est pire que la caféine et ça empêche le fer de se fixer », c’est Sandrine qui l’a vu dans Prima de janvier !). Stop au café bien sûr : dents jaunes, risque de tachycardie. Je fais une croix sur les Nuts (calories, couronne cassée à cause des noisettes), les Mars (« et ça repart chez le dentiste), les fraises Tagada (colorants zwy, les plus dangereux !), les Pie qui Chante (de toutes façons ça fait du bruit au cinéma !), le Vieux Pané (c’est pas du « vrai » fromage et le cholestérol en raffole !), et les yaourts à 60% de matière grasse.

A l’énoncé d’un tel cataclysme à provoquer pour respecter cette résolution et manger sain, j’ai décidé en mon âme et conscience, et après avis péremptoire de mes proches de ne pas commencer par la cuisine.
- Vas-y doucement au début, commence par du plus facile mon cœur.
Comme si l’ampleur de la tâche à accomplir eut parue moins imposante en fin de parcours ! Enfin soit. Vaincue par le référendum populaire sans appel, j’ai changé d’objectifs en cours de réalisation. Ce fut donc à mon corps et à mon apparence que j’ai choisi d’apporter un peu de saineté.

In the salon d'esthétique
J’ai pris rendez-vous chez l’esthéticienne comme il se doit.
- Oh ben, y’a longtemps qu’on vous a pas vu par chez nous, oh là là là là là là y’a du boulot hein ? Qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui ?

A peine j’avais pu dire bonjour qu’elle avait démarré ce qui allait durer plus d’une heure, avec heureusement quelques coups de fils, intermèdes salvateurs qui permettent de remettre les idées en place (genre coupure pub substitut repas minceur au milieu d’un reportage sur le million de gamins mourrant de faim en Somalie).

- Ben dites donc, c’est drôlement sec tout ça. Vous pensez à hydrater de temps en temps ? Savez-vous qu’on a un produit extraordinaire et patati et patata et carte bleuie et billets gras.

Alors là, un seul moyen d’éviter la douche de paroles : couper le son et penser à autre chose. Juste faire ce qu’on vous dit de temps en temps et hocher la tête pour faire croire que vous avez compris.

Retournez-vous ! Sur le côté ! Cire tradi ou cire jetable ? C’est assez échancré le maillot ? Vous mettez quoi comme crème de soins ?
Et là, sans doute pour ne plus l’entendre, j’ai cru bon de répondre :
- Aucune

La pimpante artiste cuticulaire et cellulitaire a manqué de s’étrangler, et a seulement murmuré comme dans son dernier souffle :
- Ni crème de jour, ni crème de nuit ?
Et moi ne sachant plus quoi répondre, et voyant arriver l’ouragan sans pouvoir l’éviter, je m’armais de courage et osais le oui fatidique (aussi important à ce moment-là que celui de Laetitia et Johnny sans doute !) non sans baisser les yeux en signe de soumission.

J’ai donc été obligée de jurer devant Saint Lancôme et Saint Damien de Givenchy que je me tartinerai matin et soir d’une crème anti-rides, régénérescente, aux liposomes actifs de fruits, aux vitamines de A à Z en passant par tous les chiffres qui vont avec, à alterner un jour sur trois avec un sérum décongestionnant associé à un crème haute tenue teintée anti-UVB. Le tout complété dans un premier temps par un lait hydratant, un gommage visage et corps exfoliant et raffermissant deux fois par semaine, un masque fraîcheur chaque matin, une épilation définitive hebdomadaire (si il y a un truc qui vous gène dans l’association des deux mots « définitive » et « hebdomadaire » c’est normal ! En fait comme c’est fait un par un et que ça fait mal et que ça coûte cher, et que ce n’est pas remboursé par l’Union Française Pilo Esthète, eh bien c’est plus long voilà tout !)

J’ai donc promis plus que Faust au Diable, et j’ai oublié (réflexe freudien sans doute) ma liste de produits miracles dans l’institut. De toutes façons, je pouvais pas y remettre les pieds (« et la beauté des pieds vous y pensez ? ») ni quoi que ce soit d’autre d’ailleurs.

100% anti-bactérien
Je suis rentrée chez moi, décidée à faire le propre dans ma cuisine plutôt qu’a l’intérieur de mon tube digestif. Et voilà que je tombe sur un Paic Antibactérien Excel (excusez du peu) qui élimine 99,9% des bactéries. Je respire un grand coup, soulagée de cette aide tombée du ciel et … j’ai un doute affreux ! Pourquoi 99,9% ? Elle est où la 0,1% de bactérie ? Elle va direct sur les assiettes ? Dans le biberon du petit ? Sur la petite cuillère du sucre ? Glup ! Alors je retourne précautionneusement le flacon verdâtre, je colle mes deux rétines contre la paroi, et j’essaye de déchiffrer ce qu’il y a d’écrit derrière l’étiquette.
Horreur ! C’est pas 99,9% mais même 99, 999%. Ce qui veut dire que la bactérie 0,001% est ultra-résistante à tout ! C’est pas comme ses 99,999% de copines qui s’enfuient au premier Paic venu. Et si ça tombait sur la fourchette dont j’allais me servir tout à l’heure ? Et si c’était une bactérie de la vache folle, du sida, du cancer généralisé, de la tétraplégie ou de la myopathie ? Comment je vais pouvoir annoncer ça à ma famille ? Quelle robe on va me mettre à mon enterrement ? C’est contagieux ? Une épidémie mondiale ?
Je me précipite dans la salle de bains pour chercher un médicament anti-bactérie 0,001% et là je tombe sur Omo qui enlève 99 taches ? Glup et reglup !
Et pourquoi pas 100 taches tout rond, sans rendre la monnaie de la tâche. On a déjà assez de mal avec les Euros, et voilà que la centième tâche fait de la résistance … Mais laquelle ? Juste celle sur mon nouveau jean à franges ? Celle qui est incrustée sur mon beau twin-set spécial mariage de la cousine avec De Duchmol ? L’horreur du doute !
Et puis, pourquoi nous informer si c’est pour nous foutre une trouille pareille ?
Et puis ça va pas non ? Et si Apollinaire avait écrit les 10.999 verges vous croyez qu’il aurait été aussi célèbre ? Et si Shéhérazade n’avait raconté que 999 nuits vous croyez qu’elle s’en serait sortie ? Et si on jouait au jeu des 999 bornes ? Et si Henri Verneuil n’avait mis que 9.999 dollars au soleil ? Et si un asticot s’appelait le 999 pattes ?

Bon c’est ma 9,99999e résolution et je n’offre aucune garantie pour la 0,00001° !

Si j’osais je dirais que cette résolution a 0,001 chance sur un million de fonctionner.


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17 avril 2006

Si j'osais ... accoucher sans douleurs

«Ils n’ont pas pu avoir de chien, alors ils ont fait un enfant » (Coluche)

Il faut que je vous avoue quelque chose … j’ai réussi à trouver un géniteur, mais si, sinon vous croiriez pas ce que je vous dis : accoucher sans douleurs soit, mais sans mâle ?
Ouais, y’avait aussi la possibilité du tube à essai qu’on remue et qu’on vous enfourne pour qu’il devienne un joli bébé tout joufflu sans passer par la case virile. Mais bon, j’ai préféré la manière douce (enfin, façon de parler !). Bref, à peine quelques jours après avoir arrêté la pilule censée libérer la femme, je suis tombée enceinte. Alors là, il faut tout de suite que je précise quelque chose, d’abord je dis « censée libérer la femme » parce que en fait je trouve que ça libère surtout le mec, qui ne se demande plus si il va se retirer à temps, ou si son préservatif goût fraise va tenir le choc de son incroyable énergie reproductrice, ou encore (dans le meilleur des cas) si c’est la bonne période ou si ça craint. Deuxièmement, j’ai dit « tombée enceinte » et là, je m’insurge ! On ne tombe pas enceinte, pas plus maintenant que du temps de nos grands-mères, on « n’attrape » pas des bébés en tombant !
Sur ces bonnes paroles, et après ces quelques éclaircissements linguistiques et syntaxiques, me voilà affublée d’un ballon de plus en plus gros, censé contenir un être humain. Moi je me voyais déjà plus comme un des copains de Sigourney Weaver prête à expulser un alien mais bon !

Première étape : la gynéco.
Sympa la gynéco, elle m’a engueulée parce que j’avais pas pris un gramme depuis 3 mois alors que j’aurais dû prendre au moins 3 kg. Bon, je lui ai expliqué que vu ce que je dégueulais tous les matins entre mon café et ma voiture, et ce que je laissais passer pleine de nausées entre l’apéro et le coucher, ça risquait pas de profiter.
Sur ce, et voyant la tournure que prenait notre conversation, elle m’a annoncé que des méthodes douces de préparation à la naissance existaient, et qu’ils produisaient des effets positifs sur l’humeur de la mère, sur l’accouchement lui-même et sur le caractère du bébé ensuite. Elle m’a parlé d’accouchement dans l’eau comme ça se faisait à Pithiviers. Je lui ai rétorqué que depuis mon zéro au bac, la natation et moi on n’était pas copine, malgré l’intermède Tuba Club. J’ai pas osé lui raconter le détail, peut-être qu’elle lira ce livre et qu’elle comprendra mieux. Convaincue en tous cas de ma répulsion évidente pour les batifolages en H2O chlorée, elle m’a conseillé une autre technique, sans eau : l’haptonomie. Du grec haptonomia qui veut dire je sais plus quoi, mais quelque chose comme toucher, rentrer en contact avec.
Va pour l’haptonomie, je me suis inscrite.

Rendez-vous lundi 14h à l'haptonomie.
Je suis arrivée à l’endroit indiqué. Déjà, mauvaise pioche. J’ai lu sur la pancarte : « hôpital psychiatrique de jour ». Je faisais mine de faire demi-tour maudissant toutes les gynécos mal baisées de la terre, quand j’ai aperçu la toute petite plaque du dessous : Juliette L., haptonomie.
Bon, j’ai zigzagué entre les fous reconnus, les déprimés chroniques et les débiles à blouses blanches et je suis arrivée chez Juliette. Elle m’a expliqué plein de choses sur les vertus de l’haptonomie et a commencé à me faire faire les mouvements censés entrer en contact avec le petit chose qui en effet se baladait dans mon ventre.

Bof !

Quelques mois, quelques kilos heureusement gagnés et quelques séances d’hapto plus tard, alors que je regardais tranquillement la télévision un dimanche soir … voilà le bébé (qui n’avait toujours pas de sexe, comme les anges !) qui s’est décidé à pointer le bout de son nez et le reste !

Ca fait maaaaal !
Ca me faisait mal partout, je me disais, ça y est, depuis le temps ouille, que tu y pensais, aie, le grand moment est arrivé aie, ouille, aaaaaie …. Et pendant ce temps, le susnommé géniteur, qui avait décidé d’assister à l’accouchement comme il se devait dans nos contrées hospitalières et civilisées, ne savait plus quoi faire pour m’empêcher de râler (dans tous les sens du terme !). Et tout ce qu’il a trouvé à dire c’était :
- les pieds ça va ?
Et moi de lui répondre, en pleine crise d’hystérie :
- Ouiiiiii, les pieds ça va ! ».

Heureusement c’est ce moment de franche rigolade qu’a choisi l’anesthésiste pour entrer dans la chambre et me proposer la fameuse péridurale. Il a fait sortir le papa, sans se douter que grâce à son intervention je venais d’échapper à la prison à perpétuité pour assassinat.

Attachée comme si j’allais m’échapper, alors que j’étais, il faut le rappeler, venue de mon plein gré, et recouverte d’une chemise ridiculement petite où on voyait mes fesses, j’attendais tranquillement qu’on veuille bien me faire mère, heureusement soulagée par cette péridurale miracle. La sage-femme m’a prévenu que j’en aurai pour toute la nuit sans doute et m’a demandé si quelque chose me ferait plaisir !
Moi, ravie qu’on s’intéresse à autre chose qu’à mon ballon j’ai demandé une cigarette …. Elle a regardé le ciel, comme s’il y était pour quelque chose, et m’a opposé une fin de non recevoir catégorique. C’était pas la peine de demander alors !

J’ai donc décidé d’abréger cette attente et de mettre au monde une jolie petite fille de 2,8 kg qu’on a prénommée Julie.

Post-vêlage
Dernier rendez-vous à assumer, avant de profiter pleinement de ma vie de mère : l’haptonomie, séance d’après accouchement. Je m’y suis pointée par un beau matin d’octobre orléanais, et j’ai découvert une bonne douzaine de femmes, à la chair molle et au cheveu triste assises sur des coussins violets façon Katmandou des années Joan Baez, la plupart le sein grumeleux, allaitant leur progéniture violacée. Je me suis installée sans broncher, décidée à en finir vite fait. Et voilà qu’on nous a fait raconter notre accouchement. La première s’est délectée et a vocalisé sans discontinuer sur les 24 heures de contractions qu’elle avait subies, la péridurale qu’elle n’avait pas voulue, les 36 kilos qu’elle n’avait pas perdus etc. Comme c’était mon tour juste après, j’ai balancé dans le désordre et en vitesse, que moi ça c’était passé en 3h chrono, que la péridurale est vraiment une belle invention, que j’ai fumé pendant toute ma grossesse, que j’avais déjà repris le travail, que ma fille était en pleine forme, qu’elle avait fait ses nuits tout de suite en rentrant de la maternité et que j’avais repris ma taille de guêpe de l’an dernier et que, désolée, mais il allait falloir que je les quitte, j’avais un autre rendez-vous.
Bon, c’est sûr j’en ai rajouté un peu. En réalité j’avais dû choisir entre respirer et mettre mon jean tout de suite en rentrant de la maternité, mais bon, rien qu’à voir les centaines d’yeux écarquillés de ces mater dolorosa geignantes et débordées, ça valait le coup.

Si j’osais je dirais : une bonne résolution qui a porté ses fruits !


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13 avril 2006

Si j'osais ... faire de la plongée sous-marine

plongeurs4«Les hommes, il faut les voir d’en haut» (Jean-Paul Sartre)

Bon, c’est vrai, cette résolution-là elle m’est pas venue tout de suite. Il m’a fallu des jours et des jours avant de me décider. Des jours à entendre mes collègues hululer rien qu’au souvenir des maaaagnifiques coraux qu’ils avaient pêché (malgré l’interdiction) en mer des Caraïbes, des extraaaaaordinaires sensations, des suuuuperbes couleurs des poissons-lunes, chats ou marteaux.

Une fois décidée, yapluka. Alors en vacances chez le fils de ma tante Turlutte à Juan-les-Pins, j’ai foncé vers le club de plongée. Enfin, foncer à Juan-les-Pins en plein mois d’août, c’est beaucoup dire. Il faut dire quand même que j’étais toute seule à vouloir profiter des quelques mètres carrés libres sur la plage. Même si, moi ce qui m’intéressait en fait c’était pas le sable pour une fois, mais les grands fonds et les incroyaaaables sensations (prononcez sèneséchionne) à raconter en rentrant au boulot.

A l’arrivée, fastoche !
- Salut Miss, c’est pour moi ? J’avais dit sans champignons hein ?
Euh, non, je viens pas livrer une pizza, c’est pas non plus un déguisement pour Halloween, c’est mon nouveau maillot de bain “grand fond” zébré de rouge. Une fois mis au parfum (fraise !) le grand costaud m’a fait remplir un questionnaire. Et comme je butais sur la première question, il est venu à mon secours. Bon, là, c’est ton niveau en natation .... Mon niveau en natation ? Euh, dilemme ! Est-ce que je devais lui raconter que la dernière fois que j’ai entendu ce mot-là c’était quand je passais mon bac, et que je devais remonter à la surface un gars d’au moins 300 kg qui avait eu la mauvaise idée de se noyer juste là pendant qu’on passait les épreuves de natation ? Il aurait fallu lui raconter aussi qu’après on m’avait dit que c’était pas un vrai noyé, que c’était juste un mannequin qui était censé représenter un jeune enfant de moins de 7 kg, qu’il fallait garder les yeux ouverts sous l’eau pour pouvoir le trouver, et surtout qu’il ne fallait pas faire ce que j’avais fait, c’est-à-dire le remonter par les pieds en suffoquant au bout de 15 minutes de recherche. J’ai décidé de n’en rien dire, surtout que j’avais eu zéro, et que c’était sans doute pas ce qu’on appelle un bon niveau de natation.

J’ai donc éludé le problème et je lui ai raconté qu’à Orléans c’est pas vraiment ça la natation, à part quelques jeunes désœuvrés qui se sont jetés par dépit dans la Loire, et que, si on excepte les mercredis catastrophiques avec mon filleul à l’Aquaboulevard de Paris à descendre des toboggans qui n’en finissent pas, j’avais pas vraiment eu l’occasion de tester mon niveau de natation.

J’ai coché, j’ai renseigné, j’ai raturé, j’ai biffé, j’ai mis des croix, j’ai laissé des blancs, j’ai barré les mentions inutiles, j’ai signé toutes les décharges qui soient (j’ai donné mon corps à la science, faut-il le préciser, enfin, du moins ce qu’il en resterait après l’attaque des requins-scies que je redoutais fort !) ... et j’ai été prête à affronter le grand bleu (sans Jean-Marc Barr, tant pis, ce sera pour une autre fois !).

- Salut, moi c’est raide !”
Bien décidée à m’intégrer en douceur et en sympathie dans le groupe, j’ai lancé :
- Euh, désolée .... moi ça va, même si c’est la première fois !
Bon, inutile de dire que je me suis de nouveau couverte de ridicule, puisque ce charmant géant de 2 mètres à la chevelure rousse était tout simplement en train de se présenter, qu’il était canadien et qu’il s’appelait Red !

Dans le bateau qui nous emmenait au large, petite séance de mise à niveau :
- Tout le monde sait nager ?
- ... Euh, euh …
Et là j’ai commencé à me dire que décidément c’était pas mon jour, et que ce matin-là j’aurais mieux fait de me casser les deux tibias avec crise d’appendicite à l’appui plutôt que de m’inscrire au Tuba Club. J’ai levé timidement un doigt comme à l’école, et j’ai marmonné :
- Moi, ça fait longtemps que ...
- T’inquiète pas, ça ira, tiens, mets ça !
Et me voilà affublée d’un énorme gilet de sauvetage façon elephantman, les zébrures de mon maillot dépassant simplement au niveau des fesses, alors que les autres Pamela Anderson en puissance se contentaient de leurs coussins gonflables intégrés, mention 95E insolent.

Bon, j’attendais que tout le petit monde descende dans l’eau. Une vraie colonie de vacances. Ma voisine, une grande allemande blonde comme il faut, et baraquée comme un camion de pompier, m’a lancé :
- A trois on plonge, ok ? un, deux ...
Et bien sûr elle a plongé toute seule ! Pas question que je touche sans préparation l’étendue humide, voire mouillée, toute verte et glauque qui entourait le bateau. Et puis je ne baigne plus avec les Teutons depuis la fin de la dernière guerre … enfin, c’est ce que j’ai pensé lui rétorquer vivement, quelques heures après l’incident.

Red m’a montré comment mettre les palmes, comment passer le masque, d’abord cracher dedans (mais si, c’est vrai !) puis nettoyer la vitre et hop ! hop ! hooooop !
Non, rien à faire j’irai pas ! La panique m’a envahi complètement, je rêvais à ce moment-là d’une attaque de Mig 21 en provenance directe de la rade de Toulon pour défendre la côte méditerranéenne des menaces de terroristes extra-terrestres amphibies, ou plus simplement d’une noyade d’une des naïades évoluant outrageusement autour du bateau et secourue chevaleresquement par mon moniteur canadien.
Je repensais à mes 600 Euros dépensés, à mon maillot zébré, à ce que j’allais raconter en rentrant, je me suis insultée, je me suis fustigée et .... j’ai mis le pied sur l’échelle du bateau prête à traquer tous les barracudas des Abysses.

J’ai descendu un barreau, puis deux, largement complimentée par Red qui n’avait d’yeux que pour moi. Et j’ai décidé de mettre la tête sous l’eau avec le masque et le tuba. Et là, ô stupeur ! L’hôpital Rothschild, section réanimation des grands brûlés comme si j’y étais… J’entendais un bruit terrible dans mes oreilles, comme si on m’avait mis un respirateur artificiel sur le nez et la bouche. Des souffles désordonnés, des sons qui frisaient le larsen, puis … plus rien ! C’est là que je me suis aperçue que quand je ne respirais pas, les bruits cessaient. Bon, c’était plutôt bon signe non ? Signe que je pouvais respirer et … oh un poisson ! une sole meunière ? un hippocampe ? un marsouin ? en tous cas, je l’avais vu, énorme, que dis-je énorme, gigantesque, prêt à se jeter sur sa proie (moi) et à la déchiqueter, suivi de près par un banc de bigorneaux tueurs au regard indéfinissable. J’envisageais le pire, résolue à vendre chèrement ma vie. N’écoutant que mon courage, et faisant fi des recommandations de Red, j’ai agrippé le barreau supérieur de l’échelle, et dans un élan à la fois artistique et musculaire j’ai atteint le pont du bateau.

Je me suis débarrassée alors de mon masque et de mes palmes, et j’ai ouvert la bouche pour raconter cette incroyable péripétie à mes compagnons d’aventure. Oh ! Stupeur et damnation ! Je me suis aperçue au même moment qu’ils continuaient à folâtrer sans crainte au milieu des vagues de 10 mètres de haut… 1 mètre ? nooon ? 10 cm alors, sans se soucier des huîtres sanguinaires ni des moules affamées et encore moins des calamars vengeurs.

J’ai levé le nez et le menton d’un air décidé et j’ai déclamé façon Louis de Funès dans Le Gendarme à Saint-Tropez:
- Bof, pas grand intérêt ce fond marin ! Ca vaut pas la mer Rouge !
Tout en pensant qu’on ne m’y reprendrai plus, sur la côte Dalmate, au Pérou ou à Ouagadougou.

Si j’osais, je dirais que c’est encore une résolution qui est tombée à l’eau !


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02 avril 2006

Si j'osais ... faire des rencontres au club Meuh

« Les êtres nous deviennent supportables dès que nous sommes sûrs de pouvoir les quitter » (François Mauriac)

images_14Toutes les copines l’ont dit :
« ça va te faire du bien, tu vas connaître d’autres gens, décoince-toi un peu ma vieille … ! »
Non, non, c’est pas la même qu’a dit tout ça, elles s’y sont mis à plusieurs. Donc, j’ai réservé au Club Meuh de Djerba la Douce pour la dernière semaine d’octobre. Bonne surprise à la convocation aéroport : rendez-vous à 4h45 du matin à Orly samedi. Les vacances commencaient un peu plus tôt que prévu donc ! De ma bonne vieille ville d’Orléans-les-fossés, il suffisait que je parte à 2 heures du mat’. C’est à ce moment de mes calculs de fuseaux horaires entre le Loiret et Orly, jetlag compris, que je me suis souvenue d’une vieille tante qui habitait Palaiseau.

– Comment ça va Tante Turlutte ?
Je me suis toujours demandé pourquoi on l’appelait comme ça, peut-être à cause de sa grosse bouche ? En fait en y repensant, il y a peu de chances, c’est pas bien le genre de la famille ! Il faudra que je lui demande un de ces jours, entre la poire et le fromage d’un déjeuner pascalo-dominical. Ou plutôt entre les gâteaux secs et le Charles Volner. Gâteaux d’ailleurs qui n’ont de secs que le nom, la consistance des dits gâteaux ressemblant plus à un Paris-Brest qui aurait subi l’ouragan Jennifer sub-tropical, et un Charles Volner qui a lui aussi oublié d’être sec, il faut dire qu’il avait été ouvert ...
- Pour le baptême de Marie-Solange, la petite dernière de Thierry et Francine, tu sais, celui qui vient me voir souvent et qu’après je suis obligée de compter les petites cuillères qui m’ont été offertes par nos chers employés, en 1971, quand on a vendu la pharmacie de la place de l’Etape. Enfin, eux, au moins ils viennent me voir souvent, c’est pas comme certains du côté de ton père … Au fait pourquoi tu m’appelles aujourd’hui, ma chère Nénette ?
Je déteste qu’on m’appelle Nénette mais je fais comme si j’avais toujours voulu avoir ce prénom accolé à mon nom sur la sonnette, Orly oblige !

Je n’osais pas balancer tout de suite mes intentions et je lui ai expliqué que je passais dans le coin et que rien ne me ferait plus plaisir que de bavarder avec elle … toute une nuit (assez courte d’ailleurs !).
Elle dit qu’elle serait contente de m’accueillir.
C’est sympa ça ! Je ne me souvenais pas qu’elle était si sympa la tante Turlutte !
- Sauf que y’a ton cousin Alexandre-Antoine qui vient juste d’arriver avec Marie-Violette et leurs quatre enfants, et tu sais que ça faisait des mois que je ne les avais pas vus, en fait ils partent en vacances samedi matin, et m’ont demandé l’hospitalité la veille du départ de leur avion, vu que j’habite pas très loin d’Orly. Je suis désolée ma chérie, mais c’est pour une bonne cause, tu comprends … Si tu veux bavarder avec moi pourquoi pas samedi soir ?
Après les gentillesses d’usage, et des nouvelles de Mme Canibali, de Mme Nunuchard, et de M. Poileau, mais non c’est pas Poileau c’est Boileau, et tout et tout, je me retrouvais nique-ta-mère (sa nièce en l’occurrence), hors-service, aux fraises, bref à 24h de mon départ sans savoir où crécher la veille de mon départ pour Djerba.

Restait le Formule 2000 d’Orly.

Autant profiter des derniers instants de solitude avant le grand tout, le big bang des G.O. Plateau télé sordide, dans chambre à mini-fenêtre donnant sur parking (animé toute la nuit lui !) un vendredi soir à Orly-ville c’est toujours mieux que plateau-télé à Orléans-les-Champs dans deux-pièces livide, donnant sur la cantine de l’hôpital, non ? Et en plus y’a Canal Plus gratuit. C’est ça les vacances, je sentais que déjà l’air de la mer me faisait du bien. J’ai même entendu le Canal Plus pas crypté des voisins jusqu’à 3h30 du matin, ça avait l’air vrai tellement elle y mettait du sien, y’avait même le chien de l’autre voisin qui l’avait entendu sans doute aussi puisqu’il battait de la queue contre le mur. Du coup pas de problème pour le réveil à 3h45 !

A moi la peau satinée, les signes démentiels, la drague à gogo, les strings dentelés …. Pour l’instant, ce serait plutôt signes de fatigue à gogo, drague des déments voisins, et peau dentelée !
Visite expresse dans l’espace « confort », comprenez salle de douche en langage commun. Pas moyen de se laver les orteils sous peine de se retrouver nez à nez avec la cuvette des toilettes. Cuvette par ailleurs fort aimablement placée puisqu’on doit s’accroupir dessus si on veut atteindre le lavabo pour se laver les quenottes. J’en vois qui ricanent, toujours à critiquer ! En fait c’est admirablement bien conçu puisque si il n’y avait pas les toilettes, on pourrait même pas se voir dans la glace, alors !

Hop, direction aérogare 36, allée 23 comptoir ZX92B, non ma p’tite dame cette navette n’allait pas à l’aérogare 36, allée 23 comptoir ZX92B, en fait elle allait à l’aérogare 39, mais attendez la suivante ou celle d’après. La suivante y va mais au sous-sol, pour les arrivées, et ne prend pas de bagages, la suivante pareil mais à l’envers d’après ce que j’ai compris. Bref, 35 minutes et 4 navettes plus tard … j’y étais, pile à l’heure !
Seulement il n’y avait personne au comptoir ZX92B. Juste une petite voix fluette qui a dit à une autre dont on n’apercevait uniquement la chevelure rougeoyante (parce qu’elle le vaut bien sans doute !) :
- Tu vas voir qu’il va y en avoir qui vont arriver comme des zombies juste à l’heure pile, c’est-à-dire 3 heures avant l’enregistrement des bagages, en disant ‘bonjour, je suis Nicole Ducon, vous êtes G.O. ?’, mais oui, c’est marqué sur mon badge, quand en plus on va leur dire qu’ils auront au moins 4h de retard, parce que l’avion de Ouarzazate avait oublié son pilote !
Je me suis tout de même approchée de comptoir, j’ai posé mes billets, j’ai ravalé ma salive, et annoncé bravement :
- Bonjour, je suis Nicole Ducon, vous êtes G.O. ?

Départ à 9h15, retardé à 12h25, largement de quoi venir tranquille d’Orléans-la-Beauce, et même de Vierzon, et même en rollers.
3 heures. Pendant 3 heures j’ai regardé sur l'écran le petit avion qui traverse la France, l’Italie et la Méditerranée.
3 heures. Pendant 3 heures je me suis tapée le sourire idiot de l'hôtesse, les petits bonbons ridicules, le plateau-repas qu'un singe ne voudrait pas.
3 heures. Pendant 3 heures j’ai essayé d'allonger les jambes sans risquer l'embolie voire la gangrène.
3 heures. Pendant 3 heures j’ai pas pu fumer, sans compter les 2 heures d’avant l’embarquement et les 3 heures de débarquement et de passage en douane.

Arrivée à Djerba à 16h45 heure locale, sous la … pluie !
Pas grave, ça va nettoyer l’énorme tâche de café renversé sur mon pantalon par mon voisin dans l’avion (300 kg de barbe sur 22 grammes de muscles et 3000 décibels de ronflements !). Quand je pense que j’ai même pas pu aller aux toilettes pendant 2h45 de peur de me prendre les pieds dans sa toison faciale, et d’y rester coincée comme une vulgaire mouche dans une toile d’araignée ! Le whisky j’aurais pas dû, j’ai pas l’habitude, en plus c’est diurétique !
Douane, 45 minutes d’attente. Ils m’ont fait vider ma valise et déshabiller pour s’assurer que ne n’avais pas planqué 36 kg d’explosifs dans ma trousse de toilette. 1h30 après, j’ai enfin compris que ma nervosité (je n’avais toujours pas trouvé les toilettes) associée à ma nouvelle coupe de cheveux, me faisait ressembler au portrait-robot du fils putatif de Marguerite Duras et d’Oussama. J’ai eu beau leur expliquer que j’étais allée chez Jean-David Louissanges et que c’était censé me recoiffer le moral … Ils n’avaient sans doute pas la fibre capillaire ici !

Zen, zen, reste zen, les vacances viennent à peine de commencer, il faut toujours que tu râles.

J’ai trouvé le car « Djerba la Fidèle » qu’il fallait, je suis montée discrètement, et là …. 42 paires d’yeux me fixaient avec l’air de cannibales-devant-un-missionnaire-perdu-dans-la-jungle-birmane, tandis que 20 bouches se sont ouvertes pour dire « aaaaahhh ! », la 21° grommelant un « c’est pas trop tôt, y’en a toujours qui veulent se faire remarquer ! »

J’ai pris la dernière place vide, entre le chauffeur et la malle de secours. J’ai regardé les villages qu’on traversait et comme dans un jeu des 7 familles, j’ai comparé avec ce que je connaissais déjà, histoire de trouver mes repères. C'est plus beau que la campagne martiniquaise, c'est plus propre que la banlieue de Paris, c'est plus grand que le jardin de mon père, c'est moins riche que l'aéroport de Monaco, c'est plus chaud que les faubourgs de Londres, c'est plus vert que la Mosquée Bleue d'Istanbul, enfin rien de bien concluant !
Et puis j’ai essayé d’arrêter de stresser aussi, de décrocher de la vie « d'avant », les copains qu'ont pas pu venir, l’autre idiote qui va me piquer mon client, le banquier qui m'a encore ri au nez, mon ordi que j’ai pas pu emporter, mon bonsaï qui va se dessécher …

Zen, zen, zen, ZEEEEENNNN ON T’A DIT !

Et c’est là que j’ai repensé à mon sac qui était resté tout seul près du tapis roulant pendant la fouille. Euh ! J’ai eu la vision fugitive des 82 yeux (sans ceux du chauffeur, puisqu’il est devant, soyons précis !) qui fixaient ma nuque. Tant pis, j’ai rien dit. Le car démarrait de toutes façons …

Extrait de la liste des affaires contenues dans un sac de sport violet, style Décathlon, perdu par une passagère du vol 55678 Paris-Djerba – Commissariat de Midoune, Djerba, Tunisie.

- 1 vaporisateur 30 cm contour des yeux, extrait de pomme senteur vanillée
« Prends ça, tu va voir, contre les poches sous les yeux, tu feras pas tes 36 ans » m’avait dit Babeth. Tant pis, je garderai mes poches.

- 1 paquet de 10 préservatifs
« Allo, ma poulette ?, c’est Isa, j’espère que t’as pensé aux capotes, quelles capotes ? Non mais t’es out ou quoi, l’info elle arrive pas jusque dans le Loiret ? Avec ce qui circule comme cochoncetés, ça serait idiot de rater une occasion, pour une fois. Bouge pas, y’a un distrib’ en bas de chez moi, j’arrive ! » J’ai évidemment demandé pourquoi 10 si je n’avais qu’une seule occasion, et encore, avec les poches sous les yeux que t’as c’est pas gagné ma poulette ! J’ai eu droit à « oh, tu sais, une fois que c’est parti, un coup en amenant un autre, un tiens vaut mieux que deux tu l’auras mais quand même, un de perdu dix de retrouvés, plus y’a de fous plus y’a de riz ( ?) » … enfin bref, après la panoplie complète des proverbes numéraux cardinaux et métropolitains, j’ai craqué et je me suis vue entourée de 24 chippendales à mes ordres pendant 7 nuits (si, si, la nuit à Formule 2000 je l’avais comptée)

- 1 tube d’autobronzant
Ca c’est le super conseil de Fanny : « Tu vas pas arriver là-bas avec les seins tout blancs, laiteux, veinés, bleuâtres, atrophiés … » Là j’ai eu droit à une description dont je n’ai laissé que les meilleurs morceaux, le reste me faisant ressembler à une vieille vache folle affligée de flasques bonbonnes blanches un soir d’Halloween. Bref, alors que je lui affirmait d’un ton péremptoire que tant pis pour moi, c’était pas grave, je mettrais un haut de maillot … Après les précautions d’usage du style « t’as pensé aux autres ? Ceux qui regardent … tu vas avoir une réputation d’emmerdeuse, de bêcheuse, juste celle qui met un haut de maillot, alors que y’en a pas une qu’a pensé en apporter ? », elle m’a enfin sorti la formule miracle « Fastoche, t’as qu’à mettre de l’autobronzant … ». Ce que je n’ai pas osé lui dire c’était que de toutes façons, on risquait pas de voir la marque du maillot sur mes seins, pour la bonne raison que je n’avais pas pris le soleil depuis 3 ans, et encore c’était en Bretagne, vous imaginez le maillot trois pièces : ciré-bottes-capuche. De guerre lasse et pour m’éviter les descriptions apocalyptiques, j’ai mis de l’autobronzant … parce que c’était quand même une bonne idée, je m’en suis mis partout sur le corps…. et comme c’était quand même pas facile à étaler (j’avais pourtant pris la formule « ne laisse pas de traces »), j’avais le dos toujours aussi blanc parce que mes dons d’acrobates se résument à ceux d’une tortue des Galapagos, j’avais les cuisses zébrées et mes mamelles jadis blanchâtres ressemblaient à Tchernobyl quelques secondes après l’explosion … Tchernoseins devrais-je dire, et surtout, surtout, ça grattait ! Quand je vous dis que ça grattait …. ça brûlait, ça piquait, ça démangeait, ça frottait, ça raclait, ça râpait, bref, depuis mercredi j’avais l’impression d’être la fille adultérine d’un gant de crin et d’un cactus.

- Mes tongues fluo ramenées de Rio
Pas par moi, bien sûr, mais par ma collègue Marie-Clémence … celle qui est partie quatre fois en vacances cette année alors qu’elle y avait même pas droit, la garce, elle doit coucher avec le directeur financier c’est pas possible, et comme en plus elle me les a offertes en cadeau de Noël l’an dernier en me disant « tu te prendras en photos avec, ça me fera plaisir », j’ai tout de suite pensé que j’allais les jeter sitôt rentrée dans ma casba ou bien que je les offrirais à Manuela la fille de la concierge, quand j’ai entendu la voix douceâtre de mon bien-aimé directeur financier mes susurrer dans l’oreille « Oh oui ça nous ferait vraiment plaisir que vous vous preniez en photos avec ces ravissantes sandales ! ». Difficile de résister ! Un plan a dès lors tout de suite germé dans les profondeurs de mon cerveau : je comptais me lever à 7h du mat’, entrouvrir la fenêtre de ma case, enfiler ces saloperies de tongues, prendre la photo sur un hamac et refermer délicatement la porte, ni vue, ni connue … C’est à ce moment que cette chère Marie-Clémence a ajouté « En plus elles sont fluo, tu pourras te faire remarquer au night-club », patatras le plan B devrait être trouvé de toute urgence puisque pas question de fluo à 7h du matin ….

- Ma raquette de tennis
Enfin, celle de Fifi. « Prends ça ma louloute, mais oui, je sais que tu sais pas jouer mais les G.O. tennis c’est les plus beaux, t’auras qu’à t’inscrire aux grands deb’ » Et comme mes yeux écarquillés essayaient de scruter à l’intérieur de mon imagination pour comprendre ce que pouvaient représenter ces grands débiles, débineurs ? débats ? débraillés ? débiteurs ? nooon ? et surtout le rapport qui pouvait exister entre ces dits grands débiles, les G.O. tennis et la raquette de Fifi, … « Mais non, dééb, par dèèèbs, débutants, comme tous ceux qu’ont jamais pris une raquette dans la main. ». Va pour le G.O. tennis donc. J’étais tout de même assez sceptique sur la faculté de jugement de Fifi à propos des « plus beaux G.O. », puisque j’avais toujours vu Fifi avec des demi-portions à moustache et pantalon stretch rose bonbon, plus près de Queen que de Schwarzennegger, et moi ce serait plutôt Arnold que Freddy, du moins s’ils avaient eu la bonne idée de se dévouer pour vouloir me séduire, ce qui est, toutes proportions gardées, assez peu crédible et hautement inenvisageable au vu de la vie trépidante proche de zéro que je mène dans le milieu du show-biz.

J’aurais bien emmené aussi mon pyjama en flanelle douillet comme on n’en fait plus (« d’ailleurs on n’en fait plus » aurait dit ma copine Christèle !) et mon Snoopy-qui-n’a-plus-qu’une-oreille aussi. Mais Babeth, celle des anti-cernes, m’a rappelée que j’étais pas censée en avoir besoin à cause de la chaleur humaine du night-club.

Bref, difficile de décrire tout ça au flic tunisien du poste de police de Midoune, surtout qu’il n’arrêtait pas de me demander pourquoi j’avais attendu le mercredi pour faire ma déclaration et qu’il a voulu que je lui explique en détails le coup des versets sataniques, des 7 douzaines d’yeux dans le car dont le grommeleur furibond, et de …

l’arrivée au club.

- Y’a du soleil et des nanas … darladiladada …, bonjour à tous, je m’présente, Mickey, et je suis votre chef de villaaaage !
Je vous passe les détails dans les erreurs de clé, je me suis quand même retrouvée pendant quelques minutes dans la même case que Carlos Guevara, mon voisin d’avion avec sa barbe de 22 pieds de long, et comme j’allais protester, il a hurlé devant la troupe de vacanciers agglutinés devant la Barbie Girl :
- Non mais ça va pas non ? J’ai déjà passé 2h30 à côté de cette folle qui gigotait de trouille sur son siège, je vais pas en plus passer mes nuits avec !
Quand je pense que j’ai frôlé l’infection urinaire à cause de ce type et que je ne voulais pas me faire remarquer dans le car, j’ai été servie en quelques secondes. Un verre de l’amitié plus tard tendance Fanta sans bulles, me voilà au fin fond du village, case 269, en single «bien au calme, tu vas voir, c’est cool !».

Bien décidée à enfin en profiter, je me suis allongée sur mon lit et j’ai essayé de faire le point en fermant les yeux. Grave erreur ! Le fait de ne pas utiliser l’un de mes cinq sens (la vue pour ceux qui n’auraient pas saisi) l’un des autres quatre sens restant s’est doublement mis en alerte. C’est sur l’ouie que c’est tombé. C’est ainsi que je me suis aperçue en un seul instant, un seul lieu et un seul espace, que la dite case 269 était proche des lieux d’aisance collectifs, et que certains GM, gentils membres comme moi, étaient là depuis quelques jours puisqu’ils avaient eu le temps d’attraper ce qu’on a coutume d’appeler la « tourista ». Sans doute n’avaient-ils pas lu à fond comme moi le Petit Routier de Tunisie, et n’avaient-ils pas préparé leur Imodium favori.

Tout à coup, bruits et odeurs se sont perdus dans un fracas épouvantable. La porte de ma chambre s’est ouverte brutalement. J’ai cru à une attaque nucléaire, à une blague du G.O. chef animateur, à une révolte des O.G.M. tunisiens. Non ce n’était que la poussée du vent ! Ou du moins ce qu’ici ils appellent vent et que dans d’autres contrées, plus hospitalières, et surtout plus urbanisées, on ose nommer « ouragan ». Un truc du style force 77, 50° rugissants + pub Gillette G19, qui balaye tout sur son passage : mes chaussures, mes maillots, les rideaux et … les odeurs d’à-côté.

Après avoir tout récupéré dans le fossé près des cuisines (mais non, pas les odeurs !), j’ai demandé à changer de chambre à la charmante Barbie Pétasse qui répondait au nom de Yoyo. Elle m’en a filé une autre, « juste à côté de tout ». Bon, tant que c’est pas à côté des toilettes. Le « tout » s’avérant être principalement la salle de réveil musculaire, stretching-step en musique, « et un et deux, droite la jambe gauche, droite, et une et deux, alleeeeeez ! » à 6h45 tous les matins.

La pluie ayant immédiatement succédé au vent, ça a provoqué un éboulement à la sortie du club, juste le jour où je devais profiter de l’excursion à Midoune pour aller déclarer la perte de mon sac.

Tout ça il a fallu que je l’explique en long et en large au flic de Midoune quelques jours après.

Puis dès le mercredi soir, le vent est revenu et a paraît-il perduré jusqu’à Noël ! « C’est dingue, on a jamais vu ça, vous n’avez pas de chance ! ». Quand au soleil, lui il est apparu dès le samedi, non, non, pas le premier samedi, l’autre, celui de mon départ.

Ce qui est dommage c’est qu’on ne puisse pas bronzer à travers les vitres de la salle d’embarquement. On aurait eu le temps de rattraper toute la semaine d’un seul coup puisque notre avion de 7h15 ayant été annulé à la dernière minute, on a dû prendre celui de 7h45 …. 7h45 p.m comme disent les mangeurs de hamburgers, soit 19h45 en fait. J’ai profité de ces dernières heures de solitude et de liberté rythmées par les doux messages de l’hôtesse pour faire le bilan de la semaine. « Les passagers du vol 756B en partance pour Paris sont priés de se rendre salle 567 », « les passagers du vol 756B en partance pour Paris sont priés de récupérer leurs bagages porte 67 », « les passagers du vol 756B en partance pour Paris sont priés de déposer leurs bagages porte 139 », « les passagers du vol 756B en partance pour Paris sont priés de se présenter à la porte d’enregistrement n°78 », ….. et comme tous les passagers du vol 756B en partance pour Paris, je maugréais mais je suivais le troupeau en essayant de ne pas hurler : « aux chiottes l’hôtesse ! ».

Donc j’ai eu le temps de faire le bilan de mes amitiés.

Côté amis, j’en ai eu des tonnes.

Jojo et Lucien d’abord, deux homos qu’arrêtaient pas de s’engueuler, et qui me trouvaient la fille la plus sympa du club parce que …
- Toi, au moins, tu m’écoutes quand je parle, tandis que lui, là, il est même pas fichu de me prêter son CD de Madonna, alors que le discman je lui ai offert pour nos 3 mois de vie commune. T’imagines toi ? vivement qu’on se pacse comme ça on pourra faire une liste de pacs, les listes de pacs c’est comme le mariage, tu t’es déjà mariée toi, t’as pas l’air. Imagine si ton mec il te faisait pareil, tu dirais quoi toi ?
Non, j’imagine pas vraiment, j’ai pas de discman, j’aime pas Madonna, ni Gold, ni Queen, ni Dalida, ni Abba, j’ai pas une tête de mariée, et j’en ai marre des pédés, en tous cas de ces deux là, et puis de quoi ils se plaignent, ils ont toujours plein de mecs au cul, et pas les plus moches, sûrement pas les plus poilus, et en tous cas moi y’en a pas un qui m’approche, si ce n’est pour me dire des gentillesses du style
- Et toi, au fait
- Chouette on va enfin parler de moi me dis-je, l’esprit plein d’espoirs.
Que nenni, l’homme se transformant très vite en tantouze déjantée et continuant ….
– … tu mets quoi pour le contour des yeux anti-rides, ça ne marche pas non plus sur toi on dirait, hein ?

Si, si, des copains je m’en suis fait des tonnes : tenez, au premier repas, Stéphane, le petit Suisse, ça s’invente pas, je vous jure, petit et Suisse en même temps, et avec un humour … pareil ! Petit et Suisse pour ceux qui suivent pas. Par contre, ce genre de truc, même si tu t’en rends compte assez vite, c’est pas encore assez rapide pour pouvoir t’échapper.
T’as déjà dit à tout le monde :
- Bonjour, je peux m’asseoir avec vous ? »
Et tu as eu droit à un
- Bonjour, oui bien sûr, c’est la première fois que tu viens au club ?
En entier. A peine ton verre est-il retourné en signe d’appartenance exclusive à cette table pendant tout un repas, que le Petit Suisse, (appelons-le Stéphane si vous voulez, mais je ne sais pas si vous vous en rappellerez plus tard) attaque son discours sur la place importante de la Suisse dans la communauté européenne, le service militaire obligatoire et annuel, la marine suisse (mais si, mais si, ça existe, ça, ça ne faisait pas partie de son humour), le ski, les cantons qui se haïssent etc. Impossible de fuir donc, ou alors tu annonces
- Oh, décidément je n’ai pas très faim ce soir, ce doit être le voyage !
Et hop, ni vue, ni connue, tu retournes dans ta case et tu attends le repas suivant. Sauf que le repas suivant, il ne suit pas du tout, et que toi t’as drôlement faim, ce doit être le voyage, l’air de la mer, le vent …. Surtout que manger, choisir le buffet, vérifier l’ordre des buffets (ils les changent sous les jours !), ne pas louper la spécialité du jour, grignoter, se goinfrer, se resservir, bref petit-déjeuner, déjeuner, dîner, c’est à peu près la seule activité autorisée ici cette semaine, à cause du vent.

Bon, c’est vrai j’exagère un peu, y’avait aussi dormir, sauf que entre deux rafales du dieu Zéphirin (drôlement puissant par ici, le dieu Zéphirin, il devait être gonflé aux hormones de cornes de gazelles), et en surveillant du coin de l’œil le ventilateur qui tournait tout seul au-dessus du lit, je me demandais si la vitesse augmenterait quand un ventilateur me tomberait sur la tronche, le nombre de chance que j’avais d’en réchapper vivante, comment j’allais pouvoir alerter les secours, la probabilité que je survive jusqu’à l’arrivée de l’homme de ménage, ce qui correspondait sans aucun doute à une agonie de plusieurs heures, et enfin j’ai réussi à prendre la position adéquate pour pouvoir subir le choc moins durement, c’est-à-dire avec le traversin autour de la tête et les oreillers sur les parties vitales de mon abdomen. Bref, dormir au club à Djerba c’était pas le plus simple.

Il faut dire que c’était pas prévu pour, hein ? Sur la brochure « des ambiances de fiesta toute la nuit, des rencontres …. ». Evidemment, vous me direz il restait encore une activité intéressante au Club, pendant la tempête du siècle (rappel : « on a jamais vu ça par ici !») : la baise.

la baise.

Mais ça je vous en parlerai un peu plus tard. Vous aimeriez savoir maintenant hein ? Le suspense est insoutenable, dans le style du jeu « qui veut passer pour un couillon » quand le mec hésite entre le Petit Poucet et Blanche-Neige pour savoir qui c’est qui finit par épouser le Prince Charmant. Eh bien, je peux vous mettre sur la voie, sans que vous utilisiez votre joker : eh bien non, la baise, ça n’a pas pris la plupart de mon temps. C’est le premier indice, et vous avez gagné une consommation au bar (deux boules blanches et une orange, sans alcool).

Donc, comme Stéphane … comment vous n’avez pas suivi ? Vous voyez j’en étais sûre, vous ne vous souvenez plus qui est Stéphane. C’était mon voisin de table, petit et Suisse en même temps, lors de mon premier repas à Djerba. J’avais fini par écouter la voix de la raison, ou plus sincèrement les gargouillis de mon estomac et je suis restée à la table de Stéphane le petit Suisse : nasdac, euro, valeurs, neutralité, tout y est passé, dans l’ordre, dans le désordre, on prend les mêmes et on recommence, on ne change pas une équipe qui gagne … jusqu’au dessert. J’avais beau faire de mon mieux pour manger plus vite, j’ai avalé tout rond les boulettes du couscous, ça défilait, ça défilait, surtout que comme j’avais fait l’erreur monumentale et cataclysmique de lâcher un « ah bon » par ci, par là … il s’est mis en tête que j’aurais pu l’écouter toute la nuit si j’avais pu, mais quel dommage « je ne peux pas – me suis-je entendu dire - je fais partie du spectacle GM ! » J’ai cru que je l’avais dit tout bas, en fait je me retenais de hurler, et c’est comme ça que les 7 autres convives de notre table, plus les convives des 12 tables environnantes, se sont retournés vers moi, tandis que le G.O. Animation disait :
- Ah bon, ce soir tu montes sur scène ? ils ont enfin trouvé quelqu’un pour la chèvre de Monsieur Seguin ? super, viens on va te déguiser !
Et me voilà quelques instants plus tard en train de répéter ma scène, affublée d’un serre-tête cornu et d’une barbichette, en faisant des cabrioles dans la mon’tagneu, sans competer sure le loup qui voulait me man’ger ! Et de finir, toujours sur scène, à 22h30, en disant « zen, zen, zen » au lieu de « bêê, bêê, bêê », un triomphe !

Après, c’est sûr, j’étais ultra-populaire, à chaque repas y’en avait au moins un, souvent douze en fait, et quelquefois 124, qui faisaient « bêê, bêê, bêê » à chaque fois que je passais entre les tables. Surtout que la colle à barbichette n’était pas du tout compatible avec l’autobronzant, celui qui grattait qui grattait, et que du coup j’avais fait une double allergie, et mon menton pelait copieusement.

Excursions

Décidée à ne plus jamais participer à aucune animation prévue, je me suis inscrite pour toutes les excursions. Jeudi matin, réveil 6h, départ 7h en 4X4 vers Matmata avec visite des sites où a été tournée la Guerre des Etoiles. Encore plein de nouveaux amis en perspective ! Enfin, surtout une, Josiane, super sympa, qui me racontait entre deux chaos de la route (et il y en a eu au bas mot 255.023) ce qu’elle avait préféré dans le buffet d’hier soir, qu’elle en avait même repris deux fois et quand on pense aux pauvres petits malheureux Tunisiens qui n’ont même pas de quoi manger tous les jours, bon c’est vrai que c’est moins varié comme buffet que celui d’Hammamet, parce que celui-là c’était un super buffet, oh pas comme celui de Cap Skirring au Sénégal, c’est sûr, mais tout aussi succulent, enfin parce que côté qualité, ce serait plutôt celui de Palmye en Turquie qui vaudrait le coup …. mais vous me direz la cuisine tunisienne n’est pas mal non plus mais à côté de ces pauvres gens qui n’ont pas la télé on ne devrait pas se plaindre, c’est comme au Maroc en fait, moi j’connais un resto marocain, place de la Bastille il est pile en bas de chez moi et il est ouvert tard le soir …

7h de 4X4 plus tard, dont 6 arrêts-pipi, et une photo de la montagne sur laquelle R2D2 le robot est né dans le 78° retour de l’épisode 00001 de Star Wars new version colorisée option DVD, on est revenus fourbus à 17h30, convaincus que le bruit du vent valait en fait sans doute beaucoup mieux que le buffet d’Hammamet raconté en stéréo-dolby-surround par Josiane, même en 4X4. C’est quand on est descendu de voiture que le chauffeur a réalisé que non, il n’avait pas mis la radio et que c’était bien Josiane qui ne l’avait pas refermé pendant tout le périple, pub y compris.
Quand aux autres occupants de notre 4X4, je n’ai rien su d’eux, même pas leur nationalité ni leur langue, encore moins le son de leur voix.

Si j’osais … je dirais que cette résolution-là s’est éventée !


Posté par lagriotteausirop à 01:33 - Si j'osais .... - Commentaires [0] - Permalien [#]

31 mars 2006

Si j'osais ... faire moins de 10 fautes à la dictée de Pivot

« Qu’il y ait autant d’analphabètes ne serait pas grave si les autres savaient lire » (Carmillo Sbarbaro)

10 ans.

10 ans que je m’entraînais, à savoir si garden-party était un anglicisme ou pas, et s’il prenait un trait d’union.
10 ans pour se souvenir que de toutes façons « quoique », comme toutes les locutions de subordination indiquant la concession, appelle forcément un subjonctif ensuite.
10 ans aussi que je faisais entre 15 et 20 fautes en étant persuadée à chaque fois d’atteindre le sommet de l’Olympe. Ce sommet étant réservé à une élite siphonnée et obsédée par les accords, les terminaisons, le mode subjonctif, les subordonnées concessives, les interjections servant à imprimer l’invocation (« ô Pivot ») …. Ce sommet donc n’étant point atteignable dans sa totalité, je l’ai volontairement abaissé à mon niveau et me suis limitée à moins de 10 fautes pour la prochaine dictée.

Donc, quelques semaines avant la date fatidique, me voilà en pleine révision.

Non les arthropodes, arachnides et myriapodes n’avaient plus de secrets pour moi. D’abord je savais très bien que spécimen est un mot latin (et donc normalement invariable) mais comme celui-ci a été francisé, on peut lui mettre un accent sur le e et même un s au bout s’ils sont plusieurs, tandis que le Venezuela n’a pas d’accent même si les vénézuéliens en ont trois. Je ne me faisais plus avoir non plus avec « aiguë » qui comme ambiguë, exiguë et suraiguë ses copains, fait partie de ces quelques adjectifs terminés en gu au masculin qui font leur féminin avec ë final.

Pas plus que je ne pouvais fauter sur les couleurs : je ne pouvais pas ignorer que les adjectifs de couleur sont invariables quand ils sont suivis par un autre adjectif qui les modifie (jaune doré par exemple), et j’aurais évité bien entendu de rajouter un trait d’union. Sauf évidemment pour les adjectifs de couleur qui sont réunis par deux pour qualifier un seul substantif (rouge-brun), là bien sûr je me serais souvenue que ceux-ci sont invariables et que le trait d’union doit unir les deux couleurs (bleu-noir). Sauf aussi pour les adjectifs de couleur qui ne sont pas vraiment des adjectifs de couleur puisqu’ils sont des noms communs pris comme adjectifs pour lesquels on peut sous-entendre « couleur ». Dans ce cas ils sont invariables : des divans grenat, des tapis orange, des coussins noisette, des plaids marron et plusieurs rideaux crème. Les exceptions restant « incarnat » (des salons incarnats), écarlate, fauve, mauve, pourpre et rose qui sont maintenant assimilés à de véritables adjectifs et qui s’accordent donc en genre et en nombre.

Quant aux y, pas de problèmes, je me satisfaisais d’une Libye, d’une Syrie, d’une sylphide, d’une glycine, d’une ypérite, et après quelques borborygmes dithyrambiques, je pouvais rejoindre en m’exhaussant, l’Olympe des champions de la dictée de Pivot.

J’allais bien sûr également reconnaître le sexe de clepsydre (empoussiérée), de cothurne (vieilli), de sesterces (noircis), de balustre (patinés), d’oriflamme (royale) et d’aigle (impériale) ….. (mais si on dit une aigle, il ne s’agit évidemment pas de la bébête qui a de bons yeux, mais d’un drapeau). Je retenais que ancre, ébène, anagramme, épithète, éliminatoire et écritoire sont féminins, tandis que armistice, antidote, élytre, obélisque, astérisque, amiante, hypogée, tintamarre, amphitryon, termite et atermoiement sont masculins alors que l’oasis est admis de sexe masculin ou féminin par le Petit Robert.

Ensuite j’ai révisé les grands classiques du genre : les chiffres et les nombres. Je savais bien que cent est invariable même s’il est multiplié, quand il est suivi d’un nombre ou d’un chiffre. Je me souvenais parfaitement que quatre-vingt obéit à la même règle : quand il est multiplié mais qu’il est tout seul, il prend la marque du pluriel, mais quand il est suivi par une bande de chiffre ou de nombre, il est invariable : quatre-vingt-un. Fastoche !
Mille est plus facile : in-va-ria-ble quoi qu’il arrive ! Quant au trait d’union, il est obligatoire dans les composés des adjectifs numéraux comme quatre-vingt-dix-sept et quatre-vingts. En revanche, avec un, coordonné par et, on ne met pas de trait d’union : trente et un donc. C’est bon vous suivez ?

Et pour ne pas être marri le jour du championnat, je me suis entraînée jour après jour, et même la nuit. Je rêvais de maîtres queux eczémateux, quoique schizophrènes, participant à une garden-party de bon aloi, et qui, après s’être plu, souri, congratulés, parlé et interrogés, s’étaient hardiment saisis de butyreuses religieuses.
J’ai révisé mots, tournures, exceptions, dans le dessein heureux de triompher une fois au moins.
J’ai râlé (avec un circonflexe, c’est pire) toute la journée, mais je ne me suis pas laissé décourager et quelque ardue que me parût cette résolution, j’ai continué.

J – 20 : je me suis attaquée aux chapeaux chinois, les accents circonflexes. J’ai retenu que bélître, huître et épître prennent un chapeau, alors que pupitre, mitre, pitre et sybarite s’en passent très bien. Je savais déjà que bellâtre prenait un accent sur le â parce que c’est une notion péjorative, comme dans marâtre. (Et dans orthogrâphe alors ?)

J’ai révisé le sens de cher (adjectif qui signifie précieux), cher (adverbe), chère (nom qui signifie nourriture), chaire (nom pour siège), chair (nom pour la substance fibreuse et sanguine de la viande) et cheire (nom, coulée volcanique auvergnate).

J – 10 : je me suis attaquée aux h. J’ai arrêté le hasch et j’ai écris l’histoire d’un autochtone léthargique et d’un asthmatique neurasthénique qui habitaient près d’un isthme et qui abhorraient les menhirs tout comme les dahlias et les chrysalides. Ces hurluberlus préférant humer de l’absinthe, lire des ouvrages liturgiques posthumes ou peindre les plinthes de leur palier commun dans des tons anthracite, une bouteille de térébenthine à portée de main.

J – 5 : j’ai fait très attention aux noms composés formés d’un verbe et d’un nom, puisque je savais bien que la forme verbale reste invariable, tandis que le nom s’accorde ou pas selon le sens : des essuie-verres (plusieurs verres), des compte-gouttes (plusieurs gouttes), des porte-parapluies (plusieurs parapluies), mais des porte-monnaie, des passe-partout et des pare-feu.

En bref, j’ai scotché assidûment mais à grand-peine à l’intérieur même des méandres labyrinthiques de mon cerveau, un capharnaüm de règles et d’exceptions de tout acabit rassemblées pêle-mêle, et constituant un bric-à-brac extravagant, censé me laisser tout ébaudie après divulgation des résultats.

C’est à quelques heures de la fameuse dictée, que j’ai paniqué, et que je me suis cru atteinte de psittacisme. Je précise pour ceux qui n’auraient pas fait autant de révisions, que psittacisme vient du mot latin (on s’en serait douté) : perroquet. Le psittacisme est la répétition de phrases sans que le sujet les comprenne, à la façon des perroquets.

Jour J.
Je me suis installée, armée d’une page blanche et d’un stylo (qui marche, …. Zut, il ne marche pas, grouille, file moi un stylo qui marche, ça va commencer ! ) et je me suis préparée à rencontrer un grand manitou revêtu d’un burnous, dégustant des chabichous arrosés d’un moût douceâtre, tout en regardant passer des sapajous, des loups-garous et des marabouts …. STOP !

Jour J + 2 heures. 10 fautes. Bon, c’est mon record, mais quand même, j’avais dit « moins de 10 fautes », c’est le coup du verre à moitié plein et à moitié vide. C’était rageant tout de même : j’avais bien écrit le pineau des Charentes et le pinot de Bourgogne, le krach boursier et le crack du tiercé, j’avais évité le e à tout, qui devant une voyelle ou un h muet reste invariable (mais qui prend un e final devant une consonne toute bête), j’avais mis des s à chênes-lièges, chats-huants et loups-cerviers, des y là où il fallait à tyrrhénienne et des k à kapok.

Oui mais, je ne savais pas que « s’étaient adaptés » était un verbe « accidentellement » pronominal, que tout à fait s’écrivait sans traits d’union, que les noms composés formant un tout ou une unité administrative s’écrivent avec majuscules et trait d’union (j’irai jamais dans la baie du Mont-Saint-Michel, na !), je savais pas ce que c’était que des crosnes (je précise pour des lecteurs ignares comme moi que ce sont des plantes aux tubercules comestibles), ni des psalliotes (champignons), ni des éfourceaux (chariot à deux roues), j’avais écrit lauriers-thyms et non pas lauriers-tins, je ne savais pas que tentacule pouvait être hardi et masculin, ni que colluvion pouvait être grenue et féminine, je croyais que les corneilles baillaient et je n’imaginais même pas qu’elles bayaient (du verbe béer comme dans bouche bée).

Bref, c’était pas encore cette année que j’allais passer chez Pivot sur la plus haute marche du podium.

J’ai zappé, et je suis tombée sur « Qui veut gagner des millions ». Ahhhhhh ! Quel bonheur ! 20/20 à toutes les réponses.

Attention, la question à 100.000 Euros
- La Belle au Bois Dormant est réveillée par … a) la mouche tsé-tsé b) sa belle-mère c) le prince charmant d) Morphée.

Question à 600.000 EUros
- Dans Astérix et Obélix, qui est Idéfix ? a) le cochon d’Inde b) le concierge c) l’empereur romain d) le chien.
Là c’était tellement dur, qu’il s’est fait aider (il avait le droit, il avait des jokers !) et c’est Tonton Maurice qui a trouvé, sympa le tonton Maurice.

Question à 1.000.000 (le million !)
- Question d’orthographe …. (ah, là je vais voir ce que je vais voir, et Pivot aura plus qu’à aller se rhabiller !) « On écrit … » a) pain des pisses b) pain d’épices c) pin d’épice d) pain d’hépice
Voilà que j’étais en possession virtuelle de un million et personne ne le savait …..

Question à 4.000.000 (4 millions, le maximum !)
- L’emblème du parti communiste c’est : a) un faux cil et une Morteau b) une faucille et un marteau c) un fossile et une moto d) une flottille et un manteau

Perdu, l’idiot a perdu, alors que moi je savais la réponse, et que j’avais même pas besoin d’appeler tante Turlutte ….. aaarrrrgh … J’ai perdu 4 millions en 30 minutes. J’ai cru que je ne m’en relèverai jamais. 4 millions en 30 minutes, ça fait 8 millions de l’heure, 280 millions par semaine de 35 heures (sans RTT) …. Je ne savais pas comment j’allais pouvoir justifier ça à mon banquier.

Plus qu’une solution, jouer ! Le numéro ? le numéro ……. Ça y est, je me suis concentrée …… « si vous voulez jouer, tapez sur la touche étoile de votre téléphone », « vous voulez participer à notre grand jeu « qui veut passer pour un con ? , tapez 1 »

(7 minutes après)

« Notre service étant momentanément en dérangement nous ne pouvons accéder à votre demande, nous vous prions de bien vouloir renouveler votre appel ».

(14 minutes après)
bip, bip, bip, bip, bip, bip, bip, bip, bip, bip, bip, bip, bip, bip, bip, bip, bip, bip, bip, bip, bip, bip ….. ;

C’est le mois suivant que je me suis aperçue que non seulement je n’avais pas gagné les 4 millions mais que ma facture de téléphone s’élevait à 2456, 75 Euros dont 450 Euros pour « Qui veut passer pour un con ? ». Solde net : 4.000.450 Euros dans la colonne des débits.

Allo, Monsieur Bertin, mon cher ami banquier, si vous ne voulez pas de jus de pomme, vous pouvez me faire un découvert, s’il vous plaît ?

Si j’osais je dirais que cette résolution-là ne cassait pas des briques !


Posté par lagriotteausirop à 10:41 - Si j'osais .... - Commentaires [0] - Permalien [#]

30 mars 2006

Si j'osais ... utiliser un site de rencontres (épisode 1)

meetic
"L'amour à deux dure juste le temps de compter jusqu'à trois" (Sacha Guitry)

Je me suis inscrite sur meetic, le site de rencontres, avec un profil assez simple : belle, blonde, célibataire, aimant la vie ou quelque chose comme ça.

PREMIER PRETENDANT VIRTUEL : HUBERT

Je regarde sur la photo en prem's : le beau gosse quarantenaire, style G.O. excursions, baroudeur et buriné. le fils de Lawrence d'Arabie et d'Indiana Jones.

Pour la fiche: c'est le grand jeu. Jeune, beau, riche (salaire plus de 100.000 Euros par an), charmeur, il ajoute "je t'invite à prendre un chocolat de chez Ladurée ou à faire des promenades à cheval". Ca peut le faire !

Evidemment, on n'attrape pas les griottes avec des PMU enfumés bourrés de chômistes beurrés … Ladurée sur les Champs-Elysées, rendez-vous des mémés branchées avec petits fours estampillés et rideaux griffés c'est mieux. Pour le cheval, bon. Faudra que je révise. J'aurais l'air bête si je monte du mauvais côté. Déjà que mes copines se sont foutues de moi parce que je montais mal sur mon nouveau vélo. J'inventerais une excuse pour éviter le canasson.

"Amateur de grands espaces et de découvertes." Oui. C'est dommage, moi j'aimais mieux les amateurs de cagibi qui savent pas lire !

"Catholique" (sérieux donc !) mais "pas pratiquant" (ouf, on est en plein carême), "attentionné". Ca il imagine bien que c'est le genre de qualités que 99% des femmes de cette planète apprécient. Il risque pas grand chose. J'aurais bien vu quelque chose du style : "musulman fondamentaliste, adepte des mains coupées et des lapidations, aimant frapper ses conjointes", ça fait au moins sincère, c'est l'avantage !

Je continue la fiche :

"Assez romantique" il trouve que "le mariage n'est pas indispensable". Bon, ça veut dire quoi ? assez romantique pour pas me sauter dès le premier soir, il attend pas pour autant de passer devant monsieur le Curé pour me faire découvrir les étoiles. En même temps, pas indispensable, ça veut dire aussi qu'il est pas contre.
C'est pas que je voudrais recommencer la meringue, la traïne et la pièce montée, mais bon, toutes mes copines sont d'accord, le mec qui se met à genoux avec une rose à la main et qui me dit que je suis la femme de sa vie, qu'il a mis longtemps à me trouver, qu'il veut me garder et m'offrir le mariage du siècle avec château, feu d'artifices, et Brad Pitt comme témoin … ça a des chances de marcher !

Y'a aussi le statut social : le type cadre financier bac + 5 rentrant des States. Il travaille avenue Kléber. Bon, c'est mieux que dans un entrepôt sordide au fin fond de la Seine-Saint-Denis. Mais de toutes façons, j'avais pas l'intention de bosser alors !
Et puis je ne peux pas m'empêcher de penser que ça se trouve ce n'est qu'un pauvre érémiste éméché qui se paye sa petite branlette devant l'écran.

"Aimant les films d'auteur" (mets un peu d'intello ça marche toujours) et "les films sentimentaux" (mets aussi des larmes, elles adorent ça !). C'est sûr il va pas dire d'office qu'il préfère les pornos et les "san-ku-kaï le retour".

C'est peut-être aussi tout simplement un pauvre mec marié, à qui sa femme ne fait plus de gâteries depuis le deuxième enfant, et qui voudrait bien rêver à la femme de Malko Linge dans SAS, celle toujours prête et disponible pour accueillir la noble semence de Son Altesse Sérénissime.

Ou bien un informaticien bigleux boutonneux et avec beaucoup d'imagination.

Bon évidemment : il est sportif. Non, sans façons, moi je le préfèrerais beauf à moustache façon Luis Régo avec une bière dans la main et de l'autre la télécommande en train de vérifier son loto sportif.

1,83 m. Ca tombe bien aussi, j'en avais assez des sept nains et des joueurs de basket.

"Brun aux yeux verts". C'est toujours mieux que roux aux yeux de lapins russes. Tiens sur la photo, il avait une tendance blonde …. Mais c'est encore mieux, c'est les reflets du soleil.

"Habitant dans le 15e". Oups. Ca se trouve c'est mon nouveau voisin ?

Un enfant. Bon, ça aussi, bêtement ça rassure. Tu imagines, le mec depuis 45 ans il aurait pas pensé faire un bébé ? En plus un seul, ça se case. On peut imaginer que l'ex elle a pas duré longtemps. Juste le temps de concevoir et de mettre au monde ce petit mouflet. A son âge, il a peut-être même fini de payer sa pension alimentaire.

Non, impossible ! Il n'existe pas. D'ailleurs ton pseudo le révèle, c'est au cyber-Hubert à qui je parle. Le vrai il est où ?

Et la cerise sur le gâteau : le rock ! What ? un séjour en Californie et c'est un bon danseur ? Il se souvient de Grease qu'il a vu 17 fois quand il était jeune ou quoi ?

Alors je me demande si moi j'ai quelque chose d'Olivia Newton John. Tout bien réfléchi, ben …. La réponse est oui. Le matin au réveil, comme elle, après une nuit d'insomnie comme celle-ci.

La Griotte, elle a beau être blonde (comme Olivia ou comme Sharon Stone …. Alors que je suis beauauauauacoup plus jeune qu'elles), elle est lucide.

Bon, je discute sur le tchat quand j'ai compris comment ça marche …

APRES QUELQUES MOTS SUR LE TCHAT
Pas mal, j'ai eu droit à une invitation pour des voyages autour du monde, il cause de Zanzibar et des trésors de Jordanie comme si c'était sa résidence secondaire. Il dit qu'il aime bien ma photo ….. et il me donne rendez-vous au Trocadéro.

APRES LE PREMIER RENDEZ-VOUS
Le baroudeur s'est transformé en vieillard goujat en costume cravate ridicule, le teint blème et … arrivant avec une demi-heure de retard, juste au moment où la Griotte s'est levée pour partir, après avoir dégusté (à 12 Euros, on peut) le thé qu'elle avait commandé.
Lui, surpris, m''a tout de même envoyé un SMS étonné de mon départ si rapide …..

J'ai battu un record, les rendez-vous de ce qu'on appelle désormais du "speed dating" durant classiquement 7 minutes. Pour nous la rencontre a duré au maximum 2 secondes. Juste le temps de filer.

C'est pas encore pour celui-là que la Griotte va déménager.

Vous voulez la suite ? laissez-moi un commentaire ....
blogextra


Posté par lagriotteausirop à 19:16 - Si j'osais .... - Commentaires [0] - Permalien [#]
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