Sirop de griotte

Bienvenue chers membres honorifiques et néanmoins honorables de mon fan club mondial. Vous pouvez y siroter sans modération le nectar (plus ultra) comico-littéraire de la griotte. "Je ne suis pas difficile, je me contente du meilleur" disait Oscar Wilde

24 mai 2006

La politesse pour les petits cons

"La politesse n'inspire pas toujours la bonté, l'équité, la complaisance, la gratitude ; elle en donne du moins les apparences, et fait paraître l'homme au dehors comme il devrait être intérieurement".

La Bruyère

A ce propos, je vous conseille de lire, ET d'offrir :

2702488722.08.mzzzzzzz"Je vais t'apprendre la politesse, petit con de Jean-Louis Fournier. Ne posez pas vos pieds sur les banquettes des trains, elles ne sont pas toujours propres, vous allez salir vos Nike. Peut-on dire " à vos souhaits " à quelqu'un qui a pété ? Apprenez à respecter les autres, et pourquoi pas à les aimer. Que faire quand on trouve un ver dans sa salade ? Et un crocodile ? Vous n'avez rien à donner, donnez votre place assise. Ne mettez pas votre baladeur trop fort pour en faire profiter les autres. Ils n'ont qu'à s'en acheter un. Et n'oubliez jamais qu'en tout lieu, en toutes circonstances, le fort doit la priorité au faible. Après Grammaire française et impertinente et Arithmétique appliquée et impertinente, voici un manuel de savoir-vivre pour les jeunes.

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26 avril 2006

Les huîtres me font bailler

"Des renforts de gendarmerie surviennent. Puis les ambulances. Et des journalistes de : Ouest France, Oléron Soir, Le Rochefortais constipé, La Rochelle Gougnaffe, Cognac dégustation, Les Saintes-Radasses, Angoulême nouilles, L'Huître de Ré, La Moule de Royan, La Compresse Girondine.Et bien d'autres que je m'excuse de ne pouvoir citer, parmi lesquelles : les trois coups de Jarnac, La branlette de la Tremblade, le Martel Déchaîné de Poitiers et le Grand Cru Classé de Bordeaux."

San Antonio - Les Huitres me font bailler.

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22 avril 2006

Y fô lire Plateforme

«J’aimais les catalogues de vacances, leur abstraction, leur manière de réduire les lieux du monde à une séquence limitée de bonheurs possibles et de tarifs ; j’appréciais particulièrement le système d’étoiles, pour indiquer l’intensité du bonheur qu’on était en droit d’espérer."

Michel Houellebecq, Plateforme

2290321230.08._scthumbzzz_A lire dans sa version complète
De l'exotisme et du pittoresque, du sexe et du fanatisme, tels sont les ingrédients (torrides et subversifs) de Plateforme, dernier roman de Michel Houellebecq, probablement l'écrivain le plus controversé aujourd'hui… Michel est un employé du ministère de la Culture. Il vit simplement, au rythme des feuilletons et des jeux télé, des peep shows au sortir du boulot, des purées Mousline dégluties machinalement… À la mort de son père, "un vieux con", il se décide pour un séjour en Thaïlande, en "voyage organisé" sous la houlette de Nouvelles Frontières. Accompagné par une galerie de "beaufs", armés du Guide du routard, le narrateur visite les sites touristiques de Bangkok à Surat Thani, de Patong Beach à Koh Phi Phi, se livre au plaisir du body massage, quête les bars à putes, se lie avec Valérie. Ensemble, ils voyageront à Cuba, multipliant les expériences sexuelles, ici et là…
Cinglant et drôle, rarement avare d'outrances (sexuelles), observateur attentif, sarcastique même, l'écrivain ne rate rien de son époque. Fable sur les voyages organisés, regard sur le tourisme sexuel et le "déploiement du monde", Plateforme aurait pu n'être qu'un exercice littéraire de dénonciation mise en scène par une sensibilité exacerbée. Si le texte connaît des longueurs, c'est aussi le juste portrait d'une société moyenne, peuplée d'individus moyens, parfois médiocres, avec ses paradis et ses enfers. (Critique Amazon)


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21 avril 2006

Y fô lire Vacances anglaises

“l’acte sexuel nécessite toutes sortes de préparatifs – parce que la préparation, c’est toujours ça, le secret d’un travail bien fait – vous n’avez qu’à demander à n’importe quel véritable amateur. Bien sûr, il y en aura toujours pour qui tout ça là, c’est du blabla- mais je vais te dire, mon petit gars, amène-toi avec ta brosse et passe une couche, comme ça, directos, sur ton plâtre brut, et tu verras la tronche de ton mur. Tu as entendu parler du papier de verre, non ? L’’enduit Pollyfilla et la ponceuse, ça te dit quelque chose ? Eh bien là, même principe : ne pas se précipiter – préparer le travail, prendre son temps. (…) Bon alors voilà coment vous procédez : d’abord, vous prenez la femme et vous la posez face en l’air, vers vous (malgré ce que vous avez peut-être entendu dire à droite ou à gauche, c’est toujours le meilleur truc : mieux vaut avoir tout à portée de main, parce que, n’est-ce pas, il n’y a rien de pire que de tâtonner dans le noir à la recherche d’un truc ou d’un autre, sans réussir à mettre la main dessus). Ensuite, faites en sorte que la femme en question se sente à la fois adorable et désirable; pour ma part, j’ai toujours utilisé la phrase” Tu es à la fois adorable et désirable”, un moyen simple et pratique pour y parvenir, mais bon, je ne dis pas que c’est valable tout le temps ni pour tout le monde”.

Joseph Conolly Vacances anglaises

202049521x.08.mzzzzzzz A lire dans sa version complète.
Un pavé volumineux rempli d'une écriture dense où l'on vous annonce le portrait de deux familles anglaises en vacances. On s'arme de courage et on se dit qu'il va falloir bien du talent à l'auteur pour ne pas rendre la chose soporifique à mourir. Le défi ne fait pas peur à Joseph Connolly qui manie mieux que personne l'humour typically british. Le genre d'auteur à pouvoir écrire presque sérieusement et toujours flegmatique : "Les classes moyennes voudront toujours de la moquette, retenez bien ça." L'histoire maintenant. Howard est marié à Elizabeth, il ne pense qu'à téter son whisky douze ans d'âge et à sa maîtresse Zouzou. Le reste du temps, il donne le change avec une humeur toujours égale. Leur fille Katie, 17 ans, montre avantageusement ses seins à qui veut les voir. Des voisins, Brian et Dotty, émergent à peine de la classe ouvrière et sont en admiration devant le faste de leurs amis. Sans oublier qu'ils ont un fils, Colin, 15 ans, dégénéré notoire, qui fantasme sans arrêt sur Katie et sur sa mère, Elizabeth. Les vacances s'annoncent, on va partir ensemble, les uns dans une suite d'hôtel, les autres dans une caravane… Vacances anglaises est hilarant de bout en bout, d'un humour que nous, Français, n'arriverons jamais à définir. Il nous reste à l'apprécier et à dévorer goulûment ce monument d'humour de Joseph Connolly. (Critique Amazon)


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20 avril 2006

Y fô lire Astérix et les Normands

2012101410.08._scthumbzzz_“- Comment faites-vous le sanglier à la crème ? demande Obélix.
- Eh bien, on prend de la crème et on fait comme pour les fraises. Mais à la place des fraises on prend un sanglier” ...répond Olaf Grossebaf.

“S’ils nous empêchent de passer, on leur rentre dedans et on s’explique après, d’accord ? - Très astucieux, je n’aurais pas trouvé mieux !”

“C’est ça qui est instructif dans les voyages ... savoir comment vivent les habitants avant de les massacrer”.

“Quand on en aura fini avec lui, il chassera le sanglier à coups de poing !”
ce à quoi Obélix, son cher copain, surenchérit
- ah ! il y a d’autres moyens ?”.

Goscinny Astérix et les Normands


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Y fô lire Comment je suis devenu stupide

"Au Mac Do, il salue d’un signe de tête les deux vigiles sans doute présents pour protéger les clients des attaques des puissants gangs de voleurs de frites. (...) L’ambition d’Antoine était de devenir Bugs Bunny, puis plus tard, plus mature, il avait voulu être Vasco de Gama. Mais la conseillère d’orientation lui demanda de choisir des études qui figuraient sur les documents du ministère.”

Martin Page, Comment je suis devenu stupide

2842630408.08._scthumbzzz_1A lire dans la version complète.
L'intelligence ne fait pas le bonheur… Antoine, vingt-cinq ans, cultivé, fin et bardé de diplômes aussi exotiques qu'inutiles en fait l'amère constatation. Loin de le rendre heureux, son sens aigu de l'observation et sa fâcheuse tendance à l'analyse ont fait son malheur. Une bonne dose de stupidité l'aiderait sans aucun doute à davantage "participer à la vie". Notre doux-dingue décide donc de se noyer dans les vapeurs de l'alcool. Non sans s'être au préalable copieusement documenté et s'être choisi un professeur expérimenté. Devenir alcoolique d'accord, mais intelligemment et méthodiquement. Comme on ne peut pas être génial en tout, Antoine échoue lamentablement. Il faut se rendre à l'évidence, l'alcoolisme n'est pas son rayon, pas plus que le suicide. La solution, car il y en a une, s'appelle Heurozac : deux petites pilules par jour et l'apprenti stupide peut ingurgiter des Big Mac, s'enrichir en boursicotant, s'offrir un loft branché et une grosse voiture sans culpabiliser. Bref, la vraie vie, enfin ! À trop tenter le diable, Antoine le rêveur ne sombrera-t-il pas doucement mais sûrement dans la bêtise et la médiocrité ?
Emboîtant avec humour le pas de son Candide moderne, Martin Page nous offre avec Comment je suis devenu stupide un livre frais et léger où lobotomie et société de consommation font bon ménage. Un premier roman qui, malgré son propos, évite de se prendre au sérieux. Et c'est tant mieux ! (Critique Amazon.fr)


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19 avril 2006

Y fô lire Le piano des anges

(A propos de sa fille Sophie) “qui appartient déjà à la génération-frigo, celle du repas sur le pouce que l’on fait en puisant à toute heure dans l’armoire aseptisée, régrigérée et brillante de lumière qu’une fée bienveillante approvisionne régulièrement”

“La différence entre un modeste repas aux résonances de festin et un somptueux dîner qui tombe à plat tient à si peu de chose ! Elle en a souvent fait la cruelle expérience, de même que cette voisine qui se désolait un jour de toujours rater sa daube quand elle invite sa belle-mère à déjeuner. – Je ne sais trop que te conseiller, avait répondu Alice, sinon peut-être d’aimer un peu mieux la mère de ton mari...”

Odile Godard, Alice ou le piano des anges

2843150019.08.mzzzzzzzA lire dans la version complète
A partir de douze aliments symboliques - le vin, le pain, l'olive, le miel, la figue, l'agneau, etc. - Alice brosse un portrait de notre société dont l'une des préoccupations essentielles est la nourriture. Elle nous propose aussi de délicieuses recettes fort simples à préparer.

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18 avril 2006

Y fô lire Le journal de Bridget Jones

“Les homosexuels et les femmes célibataires de plus de trente ans ont beaucoup en commun : ils sont habitués à faire le malheur de leurs parents et à être traités en phénomènes de foire par le reste du monde”

Helen Fielding, Le journal de Bridget Jones

229030039x.08._scthumbzzz_A lire dans la version complète
Il est vrai que les femmes modernes et célibataires ont également leurs soucis ! Helen Fielding a choisi de nous les narrer à travers le journal de Bridget Jones, 29 ans, célibataire sans enfant et de terribles angoisses. Exemples : son poids à surveiller chaque jour, le nombre de cigarettes fumées, les calories ingurgitées, les pensées négatives et par-dessus le marché une mère extravagante et adultère. Bref, dans un élan de machisme incontrôlable, on pourrait suggérer que ce livre est surtout destiné aux lectrices de Elle et à la rigueur - ce qui est nouveau - à ceux de Men's Health.
Seulement voilà, derrière l'humour pointe l'ironie ou les remarques acerbes sur la gent masculine. Car Miss Bridget, si tourmentée qu'elle soit par son aspect physique et ses carences affectives, est également une féministe, mais de son temps. Elle assume seule sa vie professionnelle et sociale et refuse catégoriquement que les hommes viennent dans son giron pour se faire consoler, la dominer ou l'embobiner.
Ce petit livre, rafraîchissant comme un bouquet de roses pleines d'épines, est pour les hommes un complément indispensable à la lecture de Haute fidélité de Nick Hornby, traitant des affres du célibat masculin. Pour les femmes, il viendra conforter quelques certitudes ou leur donnera des pistes à suivre. (Critique d'Amazon.fr)


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17 avril 2006

Y fô lire La ville des prodiges

((Les catalans) de race grande, forte et énergique, très résistante à la fatigue, mais à la digestion difficile et au caractère aboulique. Ces caractéristiques physiques n’avaient pas été sans conséquence sur l’histoire de la Catalogne : une des raisons que le gouvernement central opposait aux prétentions indépendantistes du pays était que cela abaisserait la taille moyenne des Espagnols."

“C’était un homme corpulent, d’aspect féroce, presque inhumain. Dans son dos on l’appelait “l’Africain”. Il n’était jamais allé en Afrique ni n’entretenait le moindre rapport avec ce continent, c’étaient son allure et son humeur qui lui avaient valu ce qualificatif. Il ne s’offusqua pas lorsqu’il apprit l’existence de ce sobriquet. Loin de se vexer, il prit l’habitude de porter un anneau accroché au nez”.

“il n’y a que deux choses qui me fassent me sentir alcalde (maire). Dépenser sans compter et faire la foire.”

Edouardo Mendoza La ville des prodiges

A lire dans la version complète
2020239299.01._scthumbzzz_À quoi rêve Onofre Bouvila en franchissant les portes de cette ville des prodiges, geyser bouillonnant que cette Barcelone qui s'apprête à accueillir la prochaine exposition universelle de 1887 ? Suivant le cours du fleuve de l'exode, Onofre quitte sa campagne pour la ville. Et, malgré sa bonne volonté, il se heurte à un monde qu'il ne connaît pas, lardé d'une pauvreté issue d'une crise économique durable. Alors qu'il est sans le sou et que l'expulsion est pour le lendemain, une nuit, lui apparaît la bonne à tout faire de la pension qui lui sert d'abri. Tel l'ange Gabriel, elle lui offre la porte de sortie qui le conduira à gravir les échelons d'une réussite sociale qui le mènera de l'exposition universelle de 1887 à celle de 1929, du statut précaire de distributeur de tracts anarchistes à celui d'industriel de génie...
Sous la forme d'un destin cocasse et drôle, Eduardo Mendoza met en scène avec un génie de l'écriture renversant - nourri d'un humour contemplatif, jonglant entre l'absurde et le caustique - la ville de Barcelone, son histoire et ses habitants, hommes et femmes qui façonnèrent les temps modernes en supportant sur leurs larges épaules le progrès d'un siècle en marche. (Critique d'Amazon.fr)


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16 avril 2006

Y fô lire Cinq mouches bleues

“Quand on mentionne quelqu’un par son prénom, tu peux être sûûûr qu’il s’agit d’une huile ; seuls les gens hyper connus n’ont pas de nom de famille, ce qui les distingue des simples mortels”

Carmen Posadas Cinq mouches bleues

2020550784.08._scthumbzzz_A lire dans la version complète :
Le second livre de Carmen Posadas pourrait s'intituler Petites infamies 2. Non pas parce qu'il est la pâle copie du premier mais parce qu'encore et toujours, l'écrivain espagnol soulève le couvercle des noires consciences de ses personnages pour nous en donner le spectacle. Et, dès le départ, on comprend que rien ne nous sera épargné, ni les petits défauts, ni les grandes infamies des personnages qui coulent de sa plume. Ainsi le triste, vieillissant et sans le sou Rafael Molinet, après sept ans passés à soigner sa mère mourante et quelques semaines dans un asile pour riches, est bien décidé à mettre fin à ses jours. Car Molinet ne supporte pas la pauvreté, son odeur surtout, et celle qui est la sienne désormais. Comme dernier coup d'éclat, il décide de mourir en se réservant des petites vacances dans un luxueux hôtel marocain. Et comme dernier acte de civilité familiale, il invite sa nièce Fernanda qu'il n'a pas vue depuis très longtemps, à un déjeuner de "retrouvailles". Il est alors loin de se douter que l'histoire qu'elle va lui raconter et qui agite toutes les langues de la belle société, une mort plus ou moins suspecte, une histoire qu'il oublie pourtant bien vite, tout occupé qu'il est dans ces lugubres préparatifs, ne va pas tarder à le rattraper.
Avec ce livre au titre poétique, Carmen Posadas passe le cap difficile du second roman avec brio, sans oublier en chemin sa férocité. Et c'est tant mieux. (Critique d'Amazon.fr)


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